Aller marcher dans la colline du côté du Gros Cerveau. Le romarin est en fleurs et offre des touffes succulentes : on en cueille dans un sac en papier pour les prochaines tisanes, mais on garde trois tiges parmi les plus droites pour faire un petit bouquet qu’on garde à la main. Un peu plus loin, des fleurs jaunes font cligner les yeux. On rajoute deux fleurs aux branches de romarin et on se dit que vraiment, le bleu et le jaune, ensemble, c’est tellement joli. Le ciel sans nuage est tout à fait d’accord. Les branches des amandiers également : on laissera les fleurs car elles sont des fruits futurs même si on a bien envie d'en croquer quelques unes.
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 901
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Premier bouquet dans la colline.
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Lecture du matin : Camus.
Si le soir on aime se plonger dans des romans de toutes sortes et partir ainsi soit dans un autre siècle soit dans un autre lieu à la rencontre de personnages de fiction plus authentiques parfois que des personnes réelles, le matin, il s’agit plutôt de trouver des graines pour nourrir la journée à venir. On lit alors des essais, des poèmes, de la philosophie ; on feuillette également des livres avec beaucoup d’images, comme ceux présentant les œuvres de peintres ou des jardins et des maisons d’écrivains.
Depuis plusieurs matins, on passe un instant avec Camus puisqu’on a pu emprunter à la médiathèque un gros album, très lourd : Camus, solitaire et solidaire.
On s’appuie sur Camus depuis de très longues années, comme sur d’autres qui sont forts aussi. Le lire, c’est s’enrichir. Le lire, c’est se recentrer. Le lire, c’est se redresser.
« Je sais maintenant que je vais écrire. (…) Mais moi c’est de mes bonheurs que sortiront mes écrits. Même dans ce qu’ils auront de cruel. Il me faut écrire comme il me faut nager, parce que mon corps l’exige. » (Carnets).