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albert camus

  • Humanités.


    Lettre d’Albert Camus à Monsieur Germain, son instituteur, en date du 19 novembre 1957, après qu’il ait reçu le Prix Nobel de Littérature.


    Cher Monsieur Germain,

    J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j’ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur, mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève.
    Je vous embrasse, de toutes mes forces.

    Albert Camus

  • Une phrase à méditer : aider à respirer.

    Beaucoup de citations dans le Petit traité de bénévolence de Patrick Tudoret. On retient celle-ci, de celui qui compte tellement, Albert Camus :

    « J’ai rencontré dans l’histoire depuis que j’ai l’âge d’homme beaucoup de vainqueurs dont j’ai trouvé la face hideuse. Parce que j’y lisais la haine et la solitude. C’est qu’ils n’étaient rien quand ils n’étaient pas vainqueurs. Pour être seulement, il leur fallait tuer et asservir. Mais il est une autre race d’hommes qui nous aide à respirer, qui n’a jamais trouvé d’existence et de liberté que dans la liberté et le bonheur de tous et qui puise par conséquent jusque dans les défaites des raisons de vivre et d’aimer. Ceux-là, même vaincus, ne seront jamais solitaires. »


    Patrick Tudoret, Petit traité de bénévolence, page 150. Citation d’une conférence d’Albert Camus au Casal de Catalunya en 1951.