Ce vers d’Anne Perrier « Tout visage m’est une source »
m'est revenu en mémoire ces derniers jours. (1)
Oui, c’est vrai.
Je m’en faisais la remarque
samedi au moment du café-lectures à la médiathèque
et hier aussi alors que j’étais au milieu de gens partageant un moment de sympathie auprès d’une famille endeuillée.
Ils m’ont accompagnée bien après mon départ ; eux, et tous ceux que je rencontre chaque jour et à qui je souris.
(1) Anne Perrier, La Voie nomade, L’Escampette Editions, Préface de Gérard Bocholier, p. 21, 2008
anne perrier
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Tous ceux que je rencontre et à qui je souris
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Lire Anne Perrier.
Lire Anne Perrier est sans fin. Le volume qu’on a ici de ses poésies n’a pas de place parmi d’autres livres sur une étagère. Non, il va et il vient : sur la commode, sur le bureau, sur le lit, sur la chaise, sur la table de chevet. On prend le livre. On l’ouvre. On lit un poème. On referme le livre. On continue à vaquer. Paisiblement.
Laissez venir à moi mes paysages
Maintenant tous les rêves ont fui dépouillés
Mon cœur se fait secret comme un autel
Laissez venir à moi mes paysages
Pour qu’ils bâtissent du silence
Où se taisent les voix qui m’ont blessée
Je me souviens d’un ciel immense dans les yeux
Je me souviens d’étoiles sur le front
Tièdes comme des mains abandonnées
Je me souviens d’amour coulant sur le visage
Et d’un chemin bleu jusqu’au bout du cœur
Oh croire qu’on est chose aussi sans désespoir
Laissez venir à moi mes paysages
Anne Perrier, Selon la nuit, 1952, in La voie nomade et autres poèmes, L’Escampette Editions, 2008