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les appuis

  • Les appuis.


    A l’arrêt de bus,
    En sortant de la salle d’attente où la machine a finalement donné son verdict
    Bien envie de s’asseoir
    Sur cette banquette étroite et dure
    Une jeune fille y est assise déjà
    Les regards se croisent
    Les yeux se sourient
    Elle se pousse jusqu’à l’extrémité extrême
    Et même se tourne
    En montrant de la main la place libre
    On s’assied en faisant de même
    Bien sur le bord
    Le dos tourné
    Mais les têtes n’en font qu’à leurs têtes et se penchent l’une vers l’autre
    Comme les corolles des tulipes dans un vase
    On se fait des signes
    Avec les mains
    avec la tête
    Quel monde !
    Ah oui ! quel est ce monde dans lequel on vit !
    Puis
    Un monsieur arrive avec ses tuyaux et sa machine à lui
    Son pas est chancelant
    D’un bond on se lève pour qu’il s’assied
    Et on le lui dit :
    Mais asseyez-vous !
    Et il répond :
    Mais non ! Vous, restez assises !
    On répond que non quand même
    On se lève
    On se rapproche
    Il s’assied
    Merci ! Parce que ça tourne un peu…
    Et on lui dit que, oui, il faut que le monde tourne un peu mieux
    Ça pourrait être un début à l'arrêt de bus
    Le bus qui arrive
    On monte ensemble
    On l’aide à valider
    On reste pas loin les uns des autres
    Comme ça on se parle
    C’est mieux depuis qu’ils ont mis un grand bus
    Il y en a souvent des bus sur cette ligne
    Elle est pratique cette ligne qui mène à l’embarcadère pile poil
    Et quand on descend
    On lance un grand au-revoir bien sonore
    Accompagné d’un signe de la main
    Et du sourire qui va bien avec.