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poussière de joie

  • Poussières de joie, Mozart.

    Attraper ici ou là tout au long du jour des petites poussières de joie. Le soir venu, au moment où on écoute Mozart, le concerto n°20, par exemple, on les réunit pour les poser sur soi comme un baume.

  • Poussière de joie.


    Parce que quelqu’un a besoin d’aide et se sent démuni, l’accompagner et revenir là où on est déjà venu de nombreuses fois, quand quelqu’un devait aussi s’y installer pour une longue période.
    Montrer le chemin ; indiquer les endroits importants : la salle à manger, la salle de télévision, le solarium, aider pour avoir la télévision, le téléphone, pour ranger les affaires dans le placard.
    Tout en s’agitant ainsi, ne pas oublier, de temps en temps, de faire un sourire.
    Puis aller faire un tour.
    Dans les longs couloirs vont et viennent des gens qui ont du mal à marcher, et dont on aimerait savoir qu’ils ne sont pas seuls.
    Croiser des membres du personnel qui s’exclament et vous reconnaissent, et vous embrassent, et vous serrent dans les bras, et sourient.
    Arriver au solarium.
    Regarder le paysage planté de pins parasols et bordé de la mer que le mistral a peint aujourd’hui d’un bleu roi fabuleux.
    Raconter qu’on venait y prendre le soleil, boire un café, rester l’un avec l’autre, l’un contre l’autre, et qu’on en profitait, vraiment, parce que c’était les bons moments qui restaient possibles.
    Parce qu’on savait que le temps était compté.
    Chacun, lucide, offrait à l’autre un tout petit morceau de joie, un minuscule petit morceau, certains jours un infime morceau, presqu’une poussière de joie, mais avec tellement de bonne volonté qu’elle en était bien plus lumineuse que le soleil du Sud.
    Suggérer à ceux qui écoutent ce récit et en sont surpris, d’arriver à partager cette joie là parce que c’est le signe qu’on est encore vivants.