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safran

  • Une journée.


    Se lever très tôt, vers 5 heures, pour assister au lever du jour.
    Déjeuner sur la terrasse en donnant des petits bouts de brioche aux chats gourmands.
    Plier le linge, arroser abondamment le jardin, balayer la terrasse.
    Préparer une ratatouille, un taboulé avec de la menthe du jardin, changer les draps, les mettre à laver, laisser le lit à l’air.
    Travailler.
    Prendre le temps de descendre au village pour aller à la Médiathèque, chez le cordonnier, au Petit Casino prendre un ananas, à l’Aquarelle des Saveurs pour faire provision de vanille et de safran, à la Poste pour acheter des timbres.
    Remonter.
    Etendre les draps au soleil.
    Travailler.
    Déjeuner.
    Travailler toute l’après-midi, sans voir le temps passer.
    Quand il est un peu tard, penser au dîner et sortir le taboulé du réfrigérateur.
    Ramasser les draps qui sont secs et refaire le lit.
    Dîner sur la terrasse après avoir allumé des bougies à la citronnelle.
    Lire La dernière fugitive, de Tracy Chevalier, un chat sur les genoux, malgré la chaleur.
    Au cœur de la nuit, se glisser dans les draps frais qui embaument la lavande.


  • Le souvenir de Gabrielle.


    Avoir la chance incroyable d’être invitée à déjeuner au Petit Nice, à Marseille.
    Revêtir ses plus beaux atours, changer de sac à main, cirer ses chaussures.
    Découvrir ce lieu mythique par la terrasse qui surplombe la mer, puis déjeuner dans la grande salle très claire dont les baies vitrées ne laissent rien échapper du spectacle de la Méditerranée, du soleil, du vent, des bateaux, et des collines au loin.
    Se régaler de tout ce qui est servi, s’extasier des saveurs, des couleurs, des noms des plats.
    Au moment du Loup à la Lucie Passédat, comme un très léger souffle, le souvenir de Gabrielle affleure.
    Puis, quand on plonge dans les saveurs de tomate et de safran, c’est comme si elle nous faisait revenir dans sa propre cuisine dont la porte qui donnait sur le jardin où somnolait les tomates n’était que faussement fermée par un rideau de perles de bois, Gabrielle qui, sur la fin, ne se souvenait plus de rien, même pas d'avoir déjeuné alors qu'on lui avait cuisiné de bons artichauts à la barigoule.
    On est alors presque tous là, un jour comme un autre, un été, il fait très chaud, les cigales crissent, le tout petit ne tient pas à en place, ses cheveux sont collés sur le front par la sueur et le soleil de l’été l’a rendu noir comme un pruneau, on lui dit de se tenir tranquille, qu’il fait trop chaud pour courir dehors sans chapeau, et en plus, pieds nus, la marmite en émail est sur le feu, Gabrielle porte une blouse sans manches, bleue avec des fleurettes claires, fermée par des petits boutons, assise, les mains aux doigts noueux sur les genoux, on passe un coup d’éponge sur la toile cirée, on met les assiettes, les verres et le dessous de plat.
    A table !
    Dans l’assiette, des pommes de terre et des tomates mélangées au safran, l’œuf poché et, sur la table, le restaurant, ce gros pain dont on avait déjà croqué les deux bouts en remontant de la boulangerie.
    Quel merveilleux souvenir.