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Dans la colline.

Aller dans la colline, c’est quitter les habitations et la route goudronnée pour prendre un sentier bien souvent sinueux et irrémédiablement pierreux. C’est rencontrer des arbres. Beaucoup de chênes pubescents dont les feuilles tombent et fanent, des chênes verts dont les feuilles ne sont ni lobées ni jaunes, et des chênes kermès dont les dernières pluies ont avivé les épines ; des cades chevelus aux reflets bleus déjà alourdis par leurs nombreux fruits, petites boules vertes, mais bientôt noires ; des pistachiers térébinthes aux belles petites feuilles jaunes et rouges ; des arbousiers dont les fruits n’ont pas encore pris leur teinte de Noël. C’est rencontrer des pierres, de celles que le pied évite ou d’autres qu’on appelle rochers. C’est déboucher sur des clairières tapissées d’un thym si odorant qu’on en prend quelques brins pour la tisane du soir. C’est recevoir la pluie dont les gouttelettes éparses abreuvent le sillon du chemin creux puis, quand le mistral émet ses premiers souffles pour prévenir les nuages qu’il est temps de faire toute la place au bleu du ciel, recevoir une pluie de feuilles virevoltantes, quasi-joyeuses dont certaines, joueuses aussi, viennent se coller sur le bout du nez. Ce n’est pas grave qu’il fasse alors plus froid et que les doigts s’engourdissent un peu à la cueillette des pissacans, des coulemelles voire des girolles : il fait un grand soleil et on va et vient entre les taches de lumière et d’ombre. Puis, debout au milieu de la forêt, on se souvient de quelques passages de Pagnol évoquant l’automne en Provence dans Le château de ma mère.

Commentaires

  • Rencontrer des pierres qui vous parlent du plus loin que leurs murmures parviennent aux humains réceptifs...

  • Le simple mot de colline éveille en vous, éveille en nous,
    de telles impressions que notre journée en sera magnifiée !

    Même si votre modestie devra en souffrir, le tableau ci-dessus
    se range auprès de Pagnol évidemment mais aussi de Giono
    et surtout...de Maurice Genevoix que je relis et retrouve en ce moment
    par tous les moyens possibles !

    Merci, chère Marie !

  • J'adhère complètement au commentaire de Fiorenza.
    Mais qu'est-ce donc les pissacans ?
    Mille mercis Marie pour ce beau billet énergisant. Une belle journée !

  • Comme vous, j'ignorais le sens du mot "pissacans" .
    J'ai donc suivi la démarche habituelle en appuyant sur le mot
    et, en toute simplicité, la définition s'inscrit sur la tablette :
    champignons etc...

    Bien sûr, la quête dans nos dictionnaires avait un autre charme
    mais ce dernier demeure dans la lecture fidèle des "bonheurs du jour" !

    Fiorenza, confraternellement !!!

  • Quel beau texte, Marie, qui évoque si bien l'automne en Provence. Il faudrait parler ici, du jaune éblouissant des mélèzes, du tapis d'aiguilles fines et dorées qui couvre leurs pieds, des champignons aux chapeaux blancs qui soulèvent ici et là, sa duveteuse épaisseur. L'automne est décidément une saison splendide.

  • Magnifique promenade avec toi Marie, au cœur de l'automne, en Provence !
    Je m'y crois. J'y suis vraiment.
    Bises ensoleillées. Claudie.

  • Tout ce que je ressens dans ma colline provençale, tu le dis avec de si jolis mots que je n'ai rien à ajouter ! Seules les girolles manquent à mon tableau car je n'en ai pas encore trouvé une seule...Belle journée chez toi avec le mistral en effet nous avons du soleil chez moi aussi

  • Pour moi, c'est Henri Bosco qui me vient aux lèvres : lui aussi a tant aimé arpenter la Provence et ses coteaux chargés de thym et de lavande :
    « par simple amour du vent et de la terre . »
    Un Rameau de la nuit

  • Quel magnifique texte Marie! Il dit mon automne aussi, le thym qui a résisté aux chaleurs et se goinfre d'humidité, la pluie qui désaltère la nature assoiffée.
    Paniers au bras, de très nombreux habitants parcourent les bois.
    Merci et excellente journée.

  • Magnifique, Marie ! Merci de nous faire partager cette promenade avec une ambiance et des mots si justes. J'ai cherché les pissacans et les coulemelles, je ne connais rien aux champignons des bois.
    Ici la pluie n'est pas encore arrivée à faire tomber toutes les feuilles, il nous reste encore des couleurs d'automne malgré le froid.

  • Coucou,
    Avant de finir cet écrit et de savoir qui en était l'auteur je me disais mais on dirait ma garrigue au dessus de chez moi. Je comprends c'est la Provence !

    Bonne fin de journée et bises de Haute Provence

  • Oups ces arbres que tu nous décris ... Mon souhait est d'apprendre à connaître davantage les arbres.
    S'éloigner de la ville fait du bien. Bises et grand merci pour le courrier reçu. Hier et aujourd'hui nous avions notre petite fille. J'ai beaucoup joué à la coiffeuse.

  • Le chant de tous ces noms d'arbres, de champignons, d'herbe, m'emmène déjà très loin...
    Merci pour la balade, Marie. Dans mes collines à moi, c'est un autre paysage et on attend la neige.
    J'aime aussi.

  • Merci pour ce moment de poésie qui enchante ce jour de pluie !

  • ça fait un bien fou de se poser ici et lire comme si on était dans une clairière pleine de soleil automnal, merci beaucoup

  • Quelle agréable promenade, assortie d'une description aussi précise. Tout d'un coup m'est revenue l'odeur de l'huile de Cade que ma mère utilisait pour ses cheveux, avant un shampoing et le cérémonial des boucles et des fers à friser (chauffés sur le poêle bien sûr). Mais tant d'autres belles plantes de la Provence, tout ceci embaume le thym ........... Et le laurier qui me fait toujours penser à vous !

  • Quel magnifique texte qui décrit si bien la Provence en cette saison. C'est très poétique.
    J'avais l'impression de faire la promenade avec vous.

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