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chêne pubescent

  • Dans la colline.

    Aller dans la colline, c’est quitter les habitations et la route goudronnée pour prendre un sentier bien souvent sinueux et irrémédiablement pierreux. C’est rencontrer des arbres. Beaucoup de chênes pubescents dont les feuilles tombent et fanent, des chênes verts dont les feuilles ne sont ni lobées ni jaunes, et des chênes kermès dont les dernières pluies ont avivé les épines ; des cades chevelus aux reflets bleus déjà alourdis par leurs nombreux fruits, petites boules vertes, mais bientôt noires ; des pistachiers térébinthes aux belles petites feuilles jaunes et rouges ; des arbousiers dont les fruits n’ont pas encore pris leur teinte de Noël. C’est rencontrer des pierres, de celles que le pied évite ou d’autres qu’on appelle rochers. C’est déboucher sur des clairières tapissées d’un thym si odorant qu’on en prend quelques brins pour la tisane du soir. C’est recevoir la pluie dont les gouttelettes éparses abreuvent le sillon du chemin creux puis, quand le mistral émet ses premiers souffles pour prévenir les nuages qu’il est temps de faire toute la place au bleu du ciel, recevoir une pluie de feuilles virevoltantes, quasi-joyeuses dont certaines, joueuses aussi, viennent se coller sur le bout du nez. Ce n’est pas grave qu’il fasse alors plus froid et que les doigts s’engourdissent un peu à la cueillette des pissacans, des coulemelles voire des girolles : il fait un grand soleil et on va et vient entre les taches de lumière et d’ombre. Puis, debout au milieu de la forêt, on se souvient de quelques passages de Pagnol évoquant l’automne en Provence dans Le château de ma mère.

  • Moisson.

    Premiers muscaris. Premiers iris violets qui rappellent avec fulgurance, tout autant que la clarté vive d’un jour de mistral, Vincent Van Gogh.
    S’asseoir sur une pierre au milieu d’un maquis de romarin bruissant d’abeilles enjouées.
    Ecouter une férue de botanique parler des chênes – le chêne vert, le chêne pubescent, le chêne liège – montrer leurs différences en tenant dans ses mains leurs feuilles ; celles du chêne pubescent sont pour l’instant marrons, fanées et ternes car il est marcescent c’est-à-dire qu’il garde ses feuilles tout l’hiver - " mais, dit-elle en s’avançant vers une branche qu’elle attire à elle pour mieux montrer, là, on voit arriver les nouvelles, celles du printemps qui feront tomber les anciennes" ; et leurs bourgeons seront «d’un rose merveilleusement tendre quand ils vont poindre, et les petites feuilles…» La regarder sourire à ces promesses de feuilles.
    Regarder les petits jumeaux délicatement emmitouflés dans les couvertures qu’on leur a tricotées.
    Brosser les chats.