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La question du lundi : Du poète.


La lecture d’En dormant sur un cheval de John E. Jackson est un régal. C’est un essai sur la poésie dans lequel l’auteur présente les poèmes qui comptent pour lui. Le premier est Recueillement, de Charles Baudelaire, ce si beau poème qu’on n’avait pas lu depuis longtemps ("Sois sage, O ma Douleur, et tiens-toi tranquille.") On a pris plaisir à le relire à voix haute, ainsi que d’autres du livre et ensuite on est allé fureter dans le rayon poésie de la bibliothèque. On a d’abord feuilleté Mallarmé qui fut le poète de la découverte de la poésie, et puis tous les autres qui aident tant à vivre, dont Rimbaud, l’indispensable Rimbaud.


Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.


D’où la question du lundi ou plutôt les questions du lundi : Vous souvenez-vous du poème qui vous a fait découvrir la force de la poésie ? Ou sinon, quel est votre poète préféré ?

Commentaires

  • Ouh! Sans doute Liberté, d'Eluard... découvert dans un journal pour jeunes, à l'époque (Christiane).
    Couvre feu... du même.

    Puis Apollinaire, Rimbaud... Verlaine (mais pas tout) Prévert...

    Mes deux poètes préférés, Odilon Jean Périer (un Bruxellois) et Renée Vivien (un peu moins, maintenant que j'ai "vieilli")

    Saint John Perse...

    Ronsard, Charles d'Orléans.... ça en fait beaucoup !

  • Hola Marie, moi c'est Paul Éluard je crois, La Terre est bleue et J'écris ton nom Liberté que je lisais et répétais.
    Par contre impossible de choisir un poète préféré....
    Un lundi propice à allier la mer avec le soleil.

  • Un amour fou pour Guillevic, que j'ai rencontré (en personne !) quand j'avais 9 ans. Il m'a remis un second prix de poésie et m'a fait un bisou.
    Mais ne l'aurais-je jamais ainsi croisé que sa poésie me toucherais sans doute autant :

    "Tous les paysages
    Qu'il a fallu voir

    Tous les paysages
    où tu n'étais pas

    Et qui t'accusaient
    De n'y être pas

    Toi ce tout
    Et définitif

    Moi qui rêvais
    De faire équilibre."

    (Carnac, 1961)

  • "Mon enfant, ma sœur, songe à la douceur
    d'aller là-bas vivre ensemble...
    Aimer à loisir, aimer et mourir au pays qui te ressemble..."

    "L'invitation au voyage" de Baudelaire, découverte très tôt
    dans ma vie, m'a toujours servi de musique intérieure
    et quelle ne fut pas ma joie lorsqu'en posant à mon petit-fils
    de 14 ans votre "question du lundi", il me repondit sans hésitation :
    Charles Baudelaire !
    C'était il y a quelques jours lors des vacances de Toussaint...

    Mais aujourd'hui, c'est du côté du "Pont Mirabeau"
    que mon esprit s'évade pour implorer Guillaume Apollinaire
    de nous ramener "La joie qui vient toujours après la peine" :
    Chers poètes sans qui la vie ne serait que de l'eau grise
    au fond d'une Mer triste !

  • Rimbaud (et Baudelaire), incontestablement...


    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes.
    A, noir corset velu des mouches éclatantes
    Qui bombillent autour des puanteurs cruelles,

    Golfe d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
    Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

    U, cycles, vibrements divins des mers virides,
    Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
    Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
    Silences traversés des Mondes et des Anges :
    — O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !




    A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
    Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
    A, noir corset velu des mouches éclatantes
    Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

    Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
    Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
    I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
    Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

    U, cycles, vibrements divins des mers virides,
    Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
    Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

    O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
    Silences traversés des Mondes et des Anges :
    — O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

  • Vélin doré et le récif de corail sont mes préférés ... le rythme des mots m’entraîne loin loin...
    (José-Maria de Heredia -Les Trophées)

  • Alors là.... Tu dis "poésie", et je chute dans l'abîme (un abîme d'extase c'est entendu). Quel poète ? Mais tous bien sûr, dès l'instant qu'ils sont vraiment poètes. Certains m'ont plus marquée ? Au fil de mon éducation ce fut chronologique : Ronsard, Du Bellay, Agrippa d'Aubigné, Louise Labé, Racine ! Hugo plus que Nerval, puis Verlaine le délicat, et Apollinaire l'immense, Aragon le fantastique ! Mais il y en a de célèbres, tu vois, qui m'agacent un peu. J'en ai passé beaucoup de moins connus sous silence et que j'ai aimés, comme Paul Jean-Toulet, Renée Vivien, mais il y a aussi l'exigeant Paul Valéry, le merveilleux ! Et que dire de Virgile, de Catulle, d'Euripide, de Sappho ?!
    " Le vent se lève !... Il faut tenter de vivre !
    L'air immense ouvre et referme mon livre,
    La vague en poudre ose jaillir des rocs !
    Envolez-vous, pages tout éblouies !
    Rompez, vagues ! Rompez d'eaux réjouies
    Ce toit tranquille où picoraient des focs ! "
    Dernière strophe du "cimetière marin" mais j'aurais pu tout aussi bien choisir la première.

  • Je partage pas mal de vos coups de coeur :-) vous citez Sappho... je l'ai traduite, bien sûr. J'aimais aussi les Odes anacreontiques grecques... et dans la poésie antique, certains passages de lucrèce, qui sont également fondateurs...

  • Bonjour,

    La psychanalyse a coutume de dire que si tout se joue à l'enfance, tout se rejoue à l'adolescence.

    Il en est ainsi, me concernant, de la poésie : mon enfance résonne de la musique de Yeats, récité par ma mère au-dessus de mon berceau. Mon adolescence, elle, fut l'occasion de la découverte de Michaux, qui m'accompagne depuis sans faillir.

    Mais j'aurais tout aussi bien pu citer Keats et Olivier Larronde ; et bien d'autres encore...
    C'est un peu comme les fleurs de mon jardin : elles sont toutes mes préférées.

    Bonne semaine - à commencer par un heureux lundi.
    Geontran

  • Il y avait La Légende des siècles dans la bibliothèque de mes parents... c'est sans doute le premier recueil que j'ai lu.
    Victor Hugo ne m'a jamais déçu, même après avoir découvert que d'autres poètes parlaient peut-être davantage à mon coeur.
    Passe une douce journée.

  • Et bien c'est justement recueillement que je prenais plaisir à déclamer quand j'étais ado.
    Et après vinrent tous les autres: Hugo, Rimbaud, Verlaine, Eluard , Appolinaire.. . Et la découverte éblouissante de Prévert .
    Plus près de maintenant , il y a Andrée Chédid , Whtitman, Yeats .

  • Aragon, Eluard, Neruda, Apollinaire, ...et Hugo, mais c'est très difficile de ne pas citer d'autres noms ! Merci Marie et belle journée !

  • Il y a tant de poètes que j'aime que je ne sais trop lequel m'a fait aimer la poésie, mais Hugo, je crois vient en tête de liste!
    Belle journée

  • Merci Bonheur du Jour de parler poésie pour débuter la semaine, on a tellement besoin de mots et de belles pensées en ce moment ! John E. Jackson j'irai le découvrir surtout s'il parle de grands poètes tel Mallarmé et Baudelaire , la vie ne vaut d’être vécue sans amour ni poésie, pas vrai ?

  • Mignonne, allons voir si la rose... Que j'ai chanté en chorale et pour lequel on a eu le premier prix au concours national car on l'a chanté tout doucement

  • "J'ai tendu des cordes de clocher à clocher
    des guirlandes de fenêtre à fenêtre
    des chaînes d'or d'étoile à étoile,
    et je danse..."
    Arthur Rimbaud
    Mais aussi, en sujet à l'oral de français du Bac :
    "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend..."
    Paul Verlaine
    Et Hugo et son "demain dès l'aube" qui me fait à chaque fois monter les larmes aux yeux , mais Maurice Carême aussi, et Prévert, à jamais, avec son Portrait d'un oiseau...
    Et Eluard ! L'amoureuse !
    "Elle est debout sur mes paupières et ses cheveux sont dans les miens..."

  • Ce fut tout tout ensemble d'auteurs, Peguy, Eluard, Prévert, Appolinaire, tant d'autres, je ne sais plus et je n'aime pas choisir, tous sont grands et inspirants !
    ... Sous le pont Mirabeau, coule la Seine....
    Bonne journée

  • Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant d'une femme que j'aime et qui m'aime... De Verlaine
    Poète découvert durant les cours de français en première.

    Ce matin je lisais rayons et lumière de Victor Hugo.

    Bises

  • A l'école primaire, j'adorais ce que l'on appelait à l'époque "la récitation" où j'ai eu un premier contact avec la poésie. Il me semble que j'aimais tout, avec une préférence d'enfant pour Maurice Carême. Je suis toujours attendrie lorsque je les relis aujourd'hui.

  • J'ai peu de souvenir de poésies, hormis " heureux qui comme Ulysse" et un extrait du poème de Prévert, tiré de "encore une fois sur le fleuve"qui m'a toujours particulièrement émue, le passage suivant:
    ....Il a tant à faire le soleil
    Et certaines de ces choses
    Tout de même lui font beaucoup de peine
    Par exemple
    Réveiller la lionne du jardin des plantes
    Quelle sale besogne
    Et comme il est désespéré et beau
    Et déchirant
    Inoubliable
    Le regard qu'elle a en découvrant
    Comme chaque matin
    A son réveil
    Les épouvantables barreaux de l'épouvantable bêtise humaine
    Les barreaux de sa cage oubliés dans son sommeil....

  • Je ne me souviens pas du poème qui m'a fait découvrir la force des poèmes. Je pense que c'était plutôt les chansons qui m'ont marquée étant petite. On étudiait des récitations à l'école primaire, et c'était déjà une belle découverte. Bonne semaine !

  • Je n'ai pas encore acheté ce livre mais dès que possible je le ferai ! J'ai aimé la poésie dès l'enfance avec les poèmes appris en classe, puis je les ai aimés au fur et à mesure de mes découvertes personnelles. Quand j'étais en sixième, j'ai eu ma période Prévert qui était alors assez mal vu par les enseignants à l'époque. Sinon j'apprenais par coeur, pour le plaisir, Hugo, Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Ronsard, Du Bellay... et puis les grands Nerval, Apollinaire, Aragon, Eluard, René Char, et aussi Claude Roy, ... Et Supervielle ! Et Brassens ! Whitmann aussi et... et... ! En ce moment, je lis avec bonheur les poètes du Nord, comme Edith Sodergrand ou Olav H. Hauge ...

  • Bonsoir Marie,
    Le poème qui m’a fait découvrir et aimer la poésie a été « Demain, dès l’aube.. », de V.Hugo. Je repense souvent à ces vers superbes, toujours avec beaucoup d’emotion. .

  • pour moi tout à commencé par une punition, en pension à 7 ans, lorsque les soeurs nous punissaient nous devions à genoux dans une pièce froide comme la mort apprendre un poème par coeur puis le réciter sans une faute, à ce prix seulement on pouvait retrouver la chaleur du lit
    punitions qui m'ouvrirent les portes de la poésie et qui aiguisèrent ma mémoire car je ne tardais pas à adopter une méthode pour apprendre le plus vite possible les vers
    Tous ces poèmes me sont restés ;
    Ce siècle avait deux ans....
    objets inanimés ....
    et puis la mort du loup, Waterloo morne plaine ..., Booz endormi et combien d'autres
    ils sont encore gravés dans ma mémoire mais surtout j'ai appris à aimer les vers, les poèmes de toutes sortes et je n'ai jamais arrêté depuis

  • Ma mémoire défaillante fait que j'ai oublié quel fut mon premier coup de foudre poétique. Aujourd'hui, j'aime lire des poèmes d'Andrée Chédid, de Guillevic, d'Halina Poswiatowska... et de bien d'autres que je rencontre souvent par le plus grand hasard - mais le hasard n'existe pas semble-t-il ... Douce journée, aussi douce que celle d'hier. brigitte

  • Les Chantefleurs et Chantefables de Robert Desnos, mon premier recueil de poésie, il me semble. Le plaisir de jouer avec les sons, le rythme, les mots...

  • Oh que oui, je m'en suis confectionné un cahier plein , en plus des recueils de divers poètes , , "Recueillement" de Baudelaire , appris au lycée " entend ma chère, entend la douce nuit qui marche ..."
    Rimbaud , Verlaine , Nerval et son El Desdichado , Edgar Poe (en anglais) , Rilke ( en allemand) car les traductions sont traitresses , chaque langue ayant son génie propre , exception faites pour les haïkus japonais et la poésie chinoise , forcément !!

  • Découverte de la poésie par les récitations à l'école primaire : Victor Hugo, Maurice Carême, Prévert...des amours qui sont restées. D'autres s'y sont ajoutées : Desnos, C. Bobin, Rabindranath Tagore, Marie Noël...Une liste complètement injuste :-(
    Ce qui est à retenir c'est que c'est dès le plus jeune âge que cet amour là s'installe et l'amour de la langue française doit beaucoup à nos poètes, à ces belles sonorités, à leurs musiques qui savent allier sons et sens et nous ravir le coeur et l'âme.

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