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Durant l’été, relire d’anciens Bonheurs du Jour. Au-delà de ce qu’on a perdu.

Le blog va reprendre progressivement son rythme à partir de ce début septembre. Plusieurs d'entre vous m'ont demandé de republier ce texte dans le cadre des relectures d'été. Le voici.
Bonne rentrée à tous.


Mardi 10 mai 2022. Au-delà ce qu’on a perdu.

A la demande de plusieurs d’entre vous qui m’ont adressé des messages particulièrement forts, ce texte, publié une première fois le 22 avril dernier, est republié ce matin.

Quand arrive une catastrophe dans une vie, on tombe, et c’est normal parce que c’est aussi dans le corps que les émotions se ressentent. Au moment d’un deuil, par exemple ou de l’une de ces morts quotidiennes que nous vivons tous, maladies, séparations, pertes d’emplois, injustices, on ressent comme un trou béant à l’intérieur de soi : tout s’est écroulé, pulvérisé par ce qui vient de se passer, ouvert aux quatre vents ; de même, l’espace autour de ce qui reste de notre corps est vide puisqu’il n’y a plus de main à tenir ni de joues à caresser ni même de voix à entendre ou de cadeau à faire, voire plus rien à faire, on se sent plus rien du tout. On est perdu dans un lieu obscur et on a beau tendre les bras devant soi, on n’arrive pas à toucher quoi que ce soit pour se repérer et on a beau ouvrir le plus grand possible les yeux, on ne voit rien que le noir.
Et puis, c’est la vie qui gagne, comme elle gagne toujours un jour ou l’autre. Le sang n’a pas cessé de circuler, ni le cœur de battre, ni la peau de ressentir et d’ailleurs, justement, on sent le vent à nouveau, on remarque qu’il est doux, presque chaud et même joueur avec quelques mèches de cheveux. C’est la mécanique de la vie. Il faudra du temps pour se relever car la catastrophe a rouillé et les membres et l’âme. Ce sera douloureux. On y arrivera. On y arrive. Toujours. Il faut persévérer. On persévère.
Après, on vit. Autrement. C’est une sorte de résurrection, diraient certains. On n’est plus le même. Rien n’est plus pareil. Certains lieux ou certaines choses n’ont plus le même goût ; peut-être même plus de goût. Mais il y a d’autres lieux, d’autres choses. Revient aussi ce qui a toujours été et sur lequel on s’est toujours appuyé : le risque de vivre pleinement qui, somme toute, est un magnifique paysage avec des creux et des bosses, des pleins et des vides, des déserts et des jungles, des petits chemins et de grandes avenues, des hivers rudes et des étés jouissifs, des plages de sable et de hautes falaises, des petits fossés où coassent des grenouilles et d’impressionnants abîmes vertigineux, des petits rus chantants et des torrents impétueux, des habitudes de toujours et de nouvelles façons de faire totalement imprévues, des arbres isolés au milieu d’un champ ou au bord d’un chemin et des grandes forêts merveilleuses où fleurissent des violettes, des rires et des larmes, des fleurs aussi et des fleurs et des fleurs dans les bois, dans des pots, dans des vases, Mozart qui ne fut jamais la proie du désespoir et Barbara et sa plus belle histoire d’amour et le temps qui ne se rattrape plus, et tous ces gens qui vont et viennent, ceux qu’on a connus, ceux qu’on connait, ceux qu’on connaîtra.
C’est le sens de la vie.
Regarder au-delà.
Au-delà de ce qu’on a perdu.

Commentaires

  • Bonjour Barbara et merci pour tes commentaires, ta fidélité à ce blog qui me touche beaucoup.
    Bon lundi !

  • c'est moi qui te remercie Marie
    tu apportes beaucoup

  • C'est gentil, merci !

  • c'était pour les 1 ans après la perte de son mari
    elle m'a répondu ce matin très émue aussi encore merci

  • merci de remettre ce texte sur le blog, je l' ai fait lire à un certain nombre de personnes...et je le ferai encore
    Bonne journée, Marie

  • Merci, chère Irène, pour ce commentaire et également pour la diffusion de ce texte. Je suis heureuse qu'il voyage et aille vers celles et ceux à qui il pourrait apporter un peu de réconfort.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Chêne vert, et merci pour ce commentaire.
    Bon lundi !

  • Merci pour ce superbe texte, c'est vrai que l'on remonte toujours la pente mais le sommet est différent.
    Belle journée

  • Bonjour, chère Danièle, et merci pour ce commentaire. Tomber, se relever... C'est ainsi.
    Bon lundi !

  • Un texte si dense à lire, à relire : merci Marie !
    Oui, les accidents auxquels nous sommes tous confrontés
    nous laissent hébétés, paralysés…
    et puis un rayon de soleil matinal nous fait entrevoir
    un chemin nouveau, une autre vision de la vie,
    plus simple, plus sage peut-être !

    Camus et son « Rocher de Sisyphe» sortent des rayons,
    notre bel entourage, la nature feront le reste…
    à condition que l’espérance vienne nous servir de boussole !

  • Bonjour, chère Fiorenza, et merci pour ce commentaire. Merci également pour ce ce que vous dites à propos de l'espérance qui peut nous servir de boussole. Vos mots sont toujours justes.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Miss Parker, et merci pour ce commentaire.
    Bon lundi !

  • Merci, chère Emma, pour ce commentaire. Oui, après, il y a toujours un après.
    Bon lundi !

  • Tu as bien fait de le republier, je l'avais beaucoup aimé et je le relis ce matin avec plaisir. C'est quand on tombe bas que la renaissance est la plus créative...Bon mois de septembre

  • Bonjour, chère Manou, et merci pour ce commentaire. Après des difficultés, créer ou être en contact avec des créations, c'est un atout important pour remonter la pente.
    Bon lundi !

  • la vie est ainsi faite de petites morts et de renaissances.....Toujours renaître de ses cendres comme le phoenix !!

  • Merci, cher Daniel, pour votre commentaire. A chaque jour, oui, ses petites morts. Et les autres. Et les renaissances, toujours.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Petits Bonheurs, et merci pour ce commentaire.
    Bon lundi!

  • Je me souviens avoir envoyé le lien à quelqu'un de ma famille, ce printemps...
    des mots qui aident à se relever, ou du moins avancer en sachant qu'il y a une lueur tout au bout

  • Bonjour, chère Giovinetta/Geneviève, pour ce commentaire, et merci pour avoir envoyé ce texte à quelqu'un. Je suis touchée qu'il puisse circuler ainsi et aller vers celles et ceux qui peuvent y trouver du réconfort.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Mâyâlilâ, pour ce commentaire et ces compliments sur ce texte.
    Bon lundi !

  • Merci pour ce texte que je lis pour la première fois. Il résonne particulièrement. Les cassures et fissures ont été bien présentes ces derniers temps mais le matin, le soleil est toujours présent, inlassablement. Bises alpines.

  • Bonjour, chère Dédé, pour ce commentaire et ces mots gentils sur ce texte. Il est publié ici pour la troisième fois. Je suis heureuse que vous l'ayez lu également et qu'il ait pu vous apporter un peu de réconfort.
    Bon lundi !

  • Ce texte m’accompagne, recopié, dans mon portable… et dans mon journal….Puissant. Au delà de la douleur. Mots magnifiques, qui m’ont bouleversés . Je vous embrasse,Marie. Merci pour ce rappel!

  • Bonjour, chère Nastagio, et merci pour ce commentaire. Comme il me touche !
    Bon lundi !

  • Un trés beau texte!
    C'est trés long pour revenir et continuer sans ceux qu'on a perdus trop tôt. .

  • Bonjour, chère Zoé, pour ce commentaire. Oui, c'est très long. Jamais terminé. Mais on avance parce que près de soi aussi, il y a la vie, d'autres vies à soutenir.
    Bon lundi !

  • Merci pour ce grand texte qui montre la douleur de perdre quelqu'un qu'on a aimé. Chacun possède ou pas en lui de quoi se consoler, revivre après le décès d'un proche. Merci beaucoup et bon week end.

  • Bonjour, chère Elisabeth, et merci pour ce commentaire. Au fond de nous, tout au fond, il y a toujours une graine de force et il faut lui laisser le temps de germer.
    Bon lundi !

  • ......... c'est le sens de la vie " et la vie est surprenante . N'est ce pas ce qui fait son charme ?

  • Bonjour, chère Chinou, pour ce commentaire. Oui, vous avez raison, parfois on est surpris de pouvoir continuer à avancer, on se surprend soi-même d'avoir des ressources qu'on ne soupçonnait pas d'avoir.
    Bon lundi !

  • Oh oui, c'est cela que je dois faire " regarder au-delà.
    Au-delà de ce qu'on a perdu "
    Attendre que de petites herbes vertes naissent enfin de nos terres brûlées, que les pluies d'automne apaisent toutes les craintes.
    Merci pour ce partage.

  • Bonjour, chère Balaline, et merci pour ce commentaire. Donnons-nous du temps, comme le jardinier lui-même se donne du temps une fois qu'il a planté ses graines.
    Bon lundi !

  • Quel beau texte ! Je viens de le lire pour la deuxième fois, tellement c'est touchant et si fort.
    Bon week-end Bonheur du Jour.

  • Merci, chère Dodovanille, pour ce commentaire et merci d'aimer ce texte.
    Bon lundi !

  • Merci, chère Delphine, pour ce commentaire.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Sedna, et merci pour ce commentaire.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Gaëtane, pour ce commentaire. Merci d'être venue lire ce texte ici.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Petite Verrière, et merci pour tes visites et tes commentaires laissés sur plusieurs notes. Merci aussi de recopier ce texte. Je suis heureuse qu'il t'ai touchée.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Marie, pour ce commentaire et ces compliments sur ce texte.
    Bon lundi !

  • C'est en se relisant, après un certain temps, qu'on réalise l'intelligence des mots, de leur utilité aussié

  • Bonjour, cher Grand-Langue et merci pour ce commentaire et cette visite. Cela me touche que vous aimiez ce texte.
    Bon lundi !

  • Merci pour cette nouvelle publication... c'est un texte qui aidera encore et encore...
    Bonne rentrée, Marie.

  • Bonjour, chère Quichottine et merci pour ce commentaire ainsi que pour ces mots gentils sur ce texte.
    Bon lundi !

  • Bonjour, chère Marie Provence et merci pour ce commentaire ainsi que pour cette gentille appréciation sur ce texte.
    Bon lundi !

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