On a eu l’occasion ici d’utiliser l’expression « livre-chevalier ». On l’utilise pour quelques livres qu’on garde tout près de soi car, tout d’abord, on les aime et ensuite, on en a besoin. Comme les chevaliers le firent en leur temps pour la veuve et l’orphelin, les opprimés et les innocents emprisonnés dans des geôles, ils viennent à notre secours dans l’armure de leurs couvertures et rappellent l’essentiel sur lequel s’appuie l’élan vital. Il en est ainsi d’un livre d’Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur. On en relie des pages, oui, certaines sont marquées de post-it multicolores ou de traits de crayon ; mais il suffit bien souvent de le tenir entre les mains et d’en lire le titre, et d’y penser, à cette douceur, puissante on le sait pour l’avoir expérimenté pour soi. Et on aimerait bien que le monde l’expérimente aussi.
D’où la question du lundi : pensez-vous que la douceur puisse être puissante ?
Bonheur du jour - Page 540
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La question du lundi. De la douceur.
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Une phrase à méditer : Marie Noël cite Tolstoï.
Dans ce fabuleux Almanach pour une jeune fille triste, Marie Noël, en date du 22 avril, cite Tolstoï, sans préciser où cette citation se trouve dans la vaste œuvre de l’écrivain russe. La voici :
« Attendre de quelqu’un ton bien en cette vie est comme si, étant assis au bord d’une source, tu demandais à autrui de calmer ta soif. Baisse-toi et bois. Ton bonheur t’est donné. »
A méditer aujourd’hui, peut-être ?
Et si un spécialiste de Tolstoï passait par là, merci à lui (ou elle) de nous renseigner sur l’origine de ce passage.