Alors qu’on est encore bien calée dans des oreillers moelleux que des gestes tendres viennent tapoter et remettre en place de temps en temps, des amis passent et amènent avec eux le souffle du dehors. Ils parlent des vignes et du vin et des vendanges auxquelles ils aiment participer. On prend des nouvelles des vignobles : où en est-on à cet endroit ? et à tel autre ? et comment sont les raisins ? et comment on dit que sera le vin cette année ? On les voit bien ces grappes d’un pourpre épais de sang, lourdes aussi. On entend le bruit claquant du sécateur qui les ôte du pied et les sépare des feuilles bientôt automnales.
Quand la récolte sera faite, les pieds de vigne resteront tranquilles. Ils se sentiront, on n’en doute pas, allégés. Seuls sans doute aussi dans leurs espaces parfois vallonnés. De temps en temps le vigneron ira leur rendre visite et touchera là quelques feuilles encore accrochées, ou là quelques brins d’herbe au pied. Avant de quitter le champ, il se retournera comme on le fait quand on quitte la chambre d’un enfant qu’on vient de coucher et il dira peut-être : « A demain ! ». Les nuits seront de plus en plus longues, il pleuvra, il fera froid. Puis un jour encore d’hiver on viendra les tailler en enlevant ce qui serait trop gourmand car il sera temps de penser à l’à venir. Ce sera le réveil : les feuilles viendront au jour tout comme les grains, beaux et fragiles dans le soleil printanier, mais si clairs. Puis viendra l’été et l’abondance du fruit. Et enfin la récolte.
C’est ainsi que la vie semble être parfois comme la vigne.
Bonheur du jour - Page 763
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De la vigne.
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Moisson.
Recevoir un très joli bégonia rose qu’on pose sur le rebord de la fenêtre : dans le soleil du matin, il est du plus joli effet.
Pendant cette période qui voit l’autonomie vaciller certains jours, avoir la chance d’être soutenue.
Papoter longuement au téléphone avec une amie clouée au lit de l’importance du partage et de l’inutilité du paraître.
Papoter aussi longuement au téléphone avec une autre amie, celle qui a envoyé en premier des graines de roses trémières.
Recopier sur un papier cet extrait de la Puissance de la douceur, d’Anne Dufourmantelle : « Que seul compte le comment, le rendez-vous avec soi – c’est-à-dire avec ce qui traverse et qui fonde une vie, une idée de justice, une manière d’aimer, de donner. »
Brosser les chats avec leur nouvelle brosse. Très bien. Ils apprécient.
Faire la liste de tous les romans policiers d'Anne Perry qu'on n'a pas encore lu.
Ecrire un peu.
Lire avec joie les commentaires sur le blog et s’émerveiller de la fidélité de certains.
Projeter d’aller cet été, si c’est possible, à Monterchi en Toscane, voir la Madonna del parto de Piero de la Francesca.