Accueillir à sa table un jour de semaine des amis qui préfèrent venir déjeuner ici qu’aller à la cantine. On leur a fait un gratin de pâtes, de la salade verte et des pommes au four. On s’est dit que ce serait peut-être bien de faire comme ça chaque semaine. A voir.
Aller à la librairie Charlemagne récupérer la commande de livres. Faire faire des paquets cadeau pour quelques-uns qu’on doit envoyer. Parler lecture.
Choisir de la jolie laine fuchsia et des petits boutons en nacre pour la brassière d’une prochaine petite fille.
S’installer avec son tricot devant une émission sur Maria Callas chantant la Tosca en 1964. Laisser le tricot sur les genoux, finalement, pour ne rien rater de ces moments exceptionnellement touchants.
Marcher et donc écrire.
Poursuivre la relecture du Nu perdu de René Char.
Bonheur du jour - Page 766
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Moisson.
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Le vent dans les drisses.
Le vent souffle fort. Tout au long de la corniche de Tamaris, il froisse l’eau. Elle tremble de froid et frémit en des milliers de vaguelettes mousseuses. En traversant la plage des Sablettes, c’est le sable, alors, qui tourbillonne. On rabat sur les oreilles le chapeau blanc. C’est dès là que le concert du vent s’annonce.
Il devient plus clair quand on arrive au port de St Elme. On enlève le chapeau. On s’assied sur les pierres. On écoute les drisses tintinnabuler, le vent souffler, les vaguelettes clapoter, les galets rouler. Parfois, le vent reprend sa respiration et il y a comme un tout petit silence avant que ne débute un deuxième mouvement ou encore un troisième.
Au retour, on emporte avec soi ce concert du vent.