On a lu dans Le Monde un article paru mi-août du philosophe François Jullien, dont le titre est : « Nous pouvons tous vivre une seconde vie ». Il y explique que celle-ci, la seconde vie, s’installe progressivement : « Il n’y a pas de nouvelle vie, seulement une possibilité qui se promeut à notre insu, très discrètement et qui permet l’apparition d’initiatives. Ce n’est pas de l’ordre de la rupture mais de la transition. »
Quand l’auteur évoque cette seconde vie, il ne s’agit pas de celles qui surgissent d’un drame soudain et imposent une nouvelle forme de vie, non choisie. Il évoque, d’après ce qu’on a compris, les prises de conscience qui, progressivement, font mesurer ces tensions empêchant d’être en harmonie avec soi-même ; prises de consciences qui mènent à la suite d'un chemin dont on ignorait l'existence à un choix clair, net, précis, pas toujours confortable tout d'abord mais qui permet de se déployer comme une fleur à l'aurore.
On est assez d’accord avec sa vision des choses.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 813
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La question du lundi : la possibilité d’une seconde vie.
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Poésie nourrissante.
Envoyer à quelqu’un qui croit que l’ombre est seulement sombre ces quelques vers d’Anne Perrier :
Nourris de silence
Gorgés d’ombre
Les astres se ressemblent me ressemblent
Comme autant de questions posées à l’obscurité
La poésie fulgurante d’Anne Perrier nous accompagne ici depuis quelques jours.
Ce quatrain, on l’aime car il est la poésie nourrissante. Il n’a pas de point, comme une ouverture totale au monde. Il évoque les astres qu’on regarde la nuit par la lucarne. Il est un hommage au silence qu’on aime depuis toujours. Il comporte le mot question, ami du quotidien. Et puis il évoque l’ombre.
Le mot ombre a une sonorité humaine car elle suit la respiration : inspirer, om – expirer, -bre. Elle est belle, l’ombre d’Anne Perrier, gorgée de sève. Elle portera la lumière pour toujours. Elle sera une compagne féconde.
Puis, revient en mémoire un autre poème, de Desnos celui-là :
J’ai rêvé tellement fort de toi,
J’ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu’il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres
D’être cent fois plus ombre que l’ombre
D’être l’ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée
On se souvient d’avoir lu quelque part que ce poème de Desnos était écrit sur un bout de feuille trouvé dans la poche de son costume de prisonnier… Ecrire des poèmes jusqu'au bout.
Et on continue, dans l’après-midi calme du jour, à feuilleter des livres de poésie.