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julien gracq

  • Moisson.

    Apporter un pot de marmelade d’oranges à une vieille amie qui a donné des pots vides sans compter.
    Admirer l’amaryllis qui se dresse fièrement et laisse deviner, sous un léger renflement, les prochains pétales.
    Passer la soirée à relire quelques passages de En lisant en écrivant, de Julien Gracq.
    Offrir le Prix du Quai des Orfèvres 2018.
    Terminer de tricoter une première paire de chaussettes.
    En prévision des prochains envois de cartes de vœux, trier les cartes restantes des années précédentes et aller faire provision de nouvelles cartes.
    Recevoir une lettre rouge, aux couleurs de Noël : c’est la première carte de vœux de l’année. On la pose sur la vitrine.
    Préparer le repas du partage : soupe de légumes, poulet rôti, haricots verts et pommes de terre, tarte aux pommes.
    Regarder tomber la neige.
    Racheter des emporte-pièces pour pouvoir refaire des petits biscuits.
    Parler longuement avec quelqu’un qui, aussi, craint cette période de Noël, pour tenter de l’apaiser un peu.

  • Passer la soirée avec Emma Bovary.

    Le matin, on a terminé la lecture d’un livre fort, Une seconde vie, de François Jullien, livre arrivé à point nommé dans ce temps de jachère qu’on est en train de vivre et qui va se poursuivre, on le pense, encore un certain temps. A plusieurs reprises, dans cet ouvrage, on a compris combien les livres étaient importants pour l’auteur : des compagnons de vie.
    Et qui dit être lecteur, dit être re-lecteur. François Jullien a tant relu qu’il en parle avec une belle expérience : « ce livre, maintenant, je le reprends. Je peux enfin commencer à le choisir. (…) Car la re-lecture n’est plus pressée de tourner la page : la présence en est l’horizon suffisant ». (page 162).
    Ici, on a toujours beaucoup relu. Bien souvent, un livre qu’on a beaucoup aimé, on le relit une deuxième fois tout de suite. Il y a aussi les relectures qui durent depuis des années ; par exemple Le rivage des Syrtes, de Julien Gracq, La Princesse de Clèves, de Mme de La Fayette, et bien sûr La recherche du temps perdu, de Proust.
    François Jullien parle de Madame Bovary. On ne l’a relu qu’une fois. Il y a longtemps. Sachant qu’un livre vient à la lecture à bon escient et que re-lire « permet (…) un redéploiement des possibles » (page 168), on reprend Madame Bovary sur les étagères de la bibliothèque. En voici la première phrase : « Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. »