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maria joao pires

  • Douceur.


    Le matin, pour rendre hommage à quelqu’un, chanter une chanson qui contient les mots donner, aimer, pardonner.
    L’après-midi, aller dans la forêt marcher lentement. Faire bruisser les feuilles. S’asseoir sur une grume. Regarder. Ecouter les chants des oiseaux. Se faire surprendre par la pluie. Ne pas la fuir en courant vers le retour ni même en se mettant à l’abri mais la laisser mouiller le chapeau, les vêtements, les chaussures et les mains jusqu’à en être inondé. Lavé, peut-être ? Chercher aussi quelle est la note chantée par les gouttes de pluie quand elles touchent la terre. Fa ?
    Le soir, écouter le concerto n°23 de Mozart interprété par Maria Joao Pires. L’andante en particulier, dont Anne Dufourmantelle, dans Puissance de la douceur, disait qu’il n’était pas seulement parfait mais qu’il tressait une cathédrale de sons. « Un parfait équilibre » (1). L’équilibre. Tout est là.


    (1) Anne Dufourmantelle, Puissance de la douceur, page 36, Ed. Payot et Rivages, 2013.

  • Mozart et l’oiseau.

    Partir de bon matin.
    Il fait si calme dehors et la lumière est si rose que tout semble pur, comme si la nuit avait lavé le monde pour que l’aube étende au fil du jour un paysage parfait comme au premier matin du monde.
    Tout à coup, un oiseau chante et interrompt les préparatifs du départ.
    On le cherche dans les branches des arbres et on le trouve au sommet tout là-haut du chêne.
    Il faut partir cependant et on met de la musique pour accompagner la route.
    C’est Mozart. La sonate n°17. Maria Joao Pires.
    L’oiseau se tait un instant. Puis reprend son chant et suit les notes de la sonate. Il n’y a pas de doute : il est heureux de ne plus être seul à exprimer sa joie du matin au printemps.
    Alors, on attend pour partir et on laisse à l’oiseau le chant de Mozart jusqu’au bout.