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MOISSONNER / Bonheur du jour quotidien - Page 4

  • Partager.

    Ramener de Fabregas une énorme patate douce de 2, 6 kg. Alors qu’on la coupe en deux pour préparer de la soupe et une purée, on se dit qu’on pourrait certainement la partager avec l’amie qui viendra l’après-midi même. Elle aussi a un budget serré. Oui, on la lui proposera en lui disant qu’on en a trop et qu’on aime partager.
    Quand elle repart après le thé, on lui propose la patate douce et elle accepte volontiers. Elle fera un gratin.


  • Les pâquerettes sur le bord du sentier.

    En bas d’un col, gravi, franchi, descendu, s’émerveiller devant un large tapis de pâquerettes formant un ovale qui évoque ces portraits d’antan accrochés aux murs des chambres à coucher. L’herbe foisonnante, presque frisée, en est le cadre ouvragé. Bien qu’on soit fin novembre, les fleurs sont vaillantes, très hautes comme si depuis leur naissance au Printemps elles n’avaient cessé de pousser.
    Sur l’instant, on a envie d’en cueillir de quoi faire un bouquet quand reviennent à l’esprit ce que disait Victor Hugo, dans Ce que dit la bouche d’ombre des fleurs coupées : ce sont des bouquets d’agonies.
    Que deviendrait cet ensemble si on en rompait l’harmonie en prélevant çà et là quelques fleurettes, laissant les autres se sentir esseulées, orphelines, peut-être ?
    On les regarde une dernière fois, on leur sourit et on poursuit sur le petit sentier, avec le souvenir d’elles.