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MOISSONNER / Bonheur du jour quotidien - Page 5

  • Publication d’un nouveau livre : Aussitôt que la vie.


    Hier après-midi, encore une fois, j’étais comme un oiseau sur la plus haute branche ! Mon nouveau livre, Aussitôt que la vie vient de paraître aux éditions L’Harmattan. C'est la poursuite d'une belle aventure.

    9782140207006b.jpg Dans ce journal, la narratrice raconte ses marches entre Maures et Garlaban. Elle décrit le maquis, la garrigue, les arbres et les fleurs, chante la lumière de ce Midi où les bleus du ciel et de la mer se mêlent. Elle se souvient aussi de son passé d'enfant abandonné et de ce qui lui a permis d'entrer en résilience. Les dix textes de ce recueil sont un hommage à la Provence, aux hommes et aux femmes qui l'ont recueillie et aimée. Ils montrent que la nature sauve toujours ceux qui, devenus la proie du désespoir, sont tentés par les abîmes de la mort. Le titre, Aussitôt que la vie, fait référence à l'Odyssée, d'Homère. Ce sont les mots qu'Anticlée adresse à son fils Ulysse quand celui-ci passe par les enfers sur son chemin du retour vers Ithaque, avant de l'enjoindre de repartir au plus vite vers la lumière.

  • Pistes pour le mois d’avril.


    Comme souvent le matin, petit tour chez cette amie âgée à qui on apporte le pain et parfois le journal. Bien qu’il soit tôt, elle est toujours toute pimpante et la cuisine est bien rangée. Elle a déjà sorti ce qui serait son repas, posé sur le potager ; son couvert, assiette, fourchette et couteau, est prêt sur la table.
    La trancheuse du boulanger était en panne : il a fallu couper le pain en tranches les plus fines possibles, avant de le remettre dans son sachet. Elle a récupéré dans sa main, en balayant la toile cirée de l’autre, les miettes pour aller les mettre sur la table de la terrasse.
    - Pour les oiseaux.
    Et puis on s’est assis.
    - Vous prendrez bien un petit café ?
    - Bien sûr.
    En le buvant, on papote. Du temps qu’il fait. Et de la guerre. Celle d’aujourd’hui. Celles de toujours. Celle qu’elle a vécu. Alors, elle parle. Bien sûr, on a déjà entendu tout cela, à de multiples reprises tout au long de ces années écoulées.
    L’exode. La maison abandonnée, en partie détruite par une bombe qui dévastera le vaste potager qui nourrissait toute la grande famille et qu’on retrouvera bien plus tard pillée de tout son contenu, le trajet sur le guidon du vélo du grand frère ou sur les épaules d’un oncle, l’accueil dans une ville inconnue, l’incertitude, et puis le retour car il faut bien vivre quelque part, les années de guerre, les recettes avec ce qu’on trouve, la faim, le froid, les morts.
    Cette fois-ci, on ne prend pas l’excuse d’autres courses à faire pour d’autres personnes afin de pouvoir partir, puisqu’on sait déjà tout ça. Non, on écoute. Ce n’est pas seulement une dame âgée qui raconte encore une fois son passé, c’est une femme qui a vécu la guerre alors qu’elle était enfant et qui croyait qu’elle ne reviendrait plus, du moins aussi près de chez elle.
    On écoute, parce que peut-être, tous ces gens qui ont été touchés dans leur chair n’ont pas été assez écoutés.
    Cela pourrait être une piste pour ce mois d’avril : écouter.
    Prendre le temps d’écouter ; des dames âgées ; d’autres plus jeunes ou pas ; peu importe. Cesser d’avoir la tête dans le guidon.
    Ecouter chaque vie.