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Bonheur du jour quotidien - Page 2

  • Du minimalisme : la bassine.

    Prenant conscience du gaspillage des ressources, quelles qu’elles soient, nombreux sont ceux et celles qui souhaitent modifier les choses et cesser d’être entraîné dans la suite sans fin de la société de consommation. Le minimalisme illustre cette prise de conscience, et c’est très bien. En lisant ici ou là les conseils judicieux donnés à ce sujet, il arrive qu’en fait on retrouve les façons de vivre d’antan quand économiser était une priorité et qu’on avait peu à sa disposition. Il est assez rare qu’on évoque la bassine, et ses bienfaits pour ne pas gaspiller l’eau. On s’est donc demandé si cet objet participait du minimalisme d’aujourd’hui.
    Les anciens vivaient au minimum. L’eau courante est arrivée parfois tard dans les foyers, merveilleuse facilité qui permettait, enfin, de ne plus aller chercher l’eau dans la cour par tous les temps. Ce robinet n’empêchait pas de voir la réalité : l’eau était précieuse ; et elle avait un coût. Elle était utilisée avec parcimonie. La bassine était là pour cela.
    Dans l’évier, on y récupérait l’eau de nettoyage des légumes ; dans la douche ou dans la baignoire, l’eau qui n’était pas encore à la bonne température (à partir du moment où on a pris l’habitude de prendre une douche chaque jour….). Cette eau était considérée comme tout à fait utilisable pour arroser les plantes, ou pour une chasse d’eau, ou pour laver le sol, une fois additionnée de savon noir. Dans l’évier encore, elle était remplie d’eau savonneuse pour laver la vaisselle (mais qui donc aurait eu l’idée de laisser couler l’eau pour laver trois bols et quatre assiettes ?) ; dans ce cas, elle était souvent accompagnée de sa sœur jumelle, l’autre bassine, remplie d’eau froide qui permettait de rincer. Cette deuxième bassine recevait avant son usage pour la vaisselle, les épluchures de légumes (pas de papier ou de sac plastique à l’horizon) qu’on allait vider dans le compost. Le soir, on y laissait tremper le petit linge.
    Tous les modèles étaient possibles : le zinc émaillé eut longtemps le monopole, puis le plastique fit son apparition proposant des bassines carrées, bleues, rouges, …
    On peut donc en conclure que la bassine fait partie des objets qu’on peut conserver quand on décide d’être minimaliste. Seulement voilà : peut-on, sans enfreindre les règles de cette tendance, avoir deux bassines ? La question peut se poser car ici, et il est possible qu’ailleurs aussi, il y en a deux : une pour la salle de bain et une pour la cuisine, car figurez-vous, nous y reviendrons un autre jour, qu’un achat ne peut se faire à la légère, même celui d’une bassine qui se doit d’être solide et de durer, ce qui permettra de la transmettre.
    On évoquera d’autres objets qui nous semblent tendance : le seau, le rond de serviette, le sac à pain, …

  • Des draps, justement. Et aussi du minimalisme.

    L’après-midi est brûlante. Les jardins sont tassés par la chaleur. En arrivant chez une amie âgée pour l’emmener faire une visite, on met la voiture à l’ombre de l’abricotier qui a bien donné cette année : on a vu dans le cellier tous les pots de confiture qui attendent (on sait qu’on en aura un prochainement).
    On ouvre la porte après avoir toqué. « Coucou, c’est moi ! ». La maison est dans l’ombre : aérée de très bonne heure, fenêtres et volets ont été fermés pour garder la chiche fraîcheur capturée. Une voix dit : « Je suis là ! » On se dirige vers le fond du couloir, là où est la chambre. L’amie est là, en train de refaire son lit. « Ce matin, j’ai changé mes draps, je les ai lavés et comme ils étaient secs, je leur ai juste donnés un coup de fer et maintenant je les remets. J’aime bien, le soir, dormir dans les draps qui sentent le soleil. » On lui répond : « Moi aussi ! ». On l’aide à tendre le tissu, à faire gonfler les oreillers, à remettre le couvre-lit pour qu’il soit plié bien droit et bien dodu au pied du lit. Quand tout est bien en place, on va dans la cuisine l’attendre pendant qu’elle se change : pour rester à la maison, on met une blouse, mais pour sortir, non ; en blouse, on peut éventuellement aller chercher le pain ou relever le courrier, mais on ne s’en va pas loin avec. Sur une chaise, le sac est prêt. Sur la table, dans une assiette creuse, des morceaux de pain. Ce sont les restes de pain des déjeuners qu’elle prend avec son fils chaque midi ; ils sont gardés précieusement et ils seront mis, un soir, ce soir peut-être, dans une salade de tomates agrémentée d’un œuf dur, à moins qu’il ne reste autre chose comme une demi-tranche de jambon. Il y a toujours un ou deux œufs durs d’avance ; ils ont été cuits dans l’eau chaude des pâtes qu’on a gardée après les avoir égouttées. Les œufs frais y ont été posés et laissés tremper le temps du déjeuner : on ne va pas user du gaz pour des œufs durs.
    L’amie est prête. Elle sent bon. Elle porte un corsage impeccablement repassé. « On peut y aller », dit-elle.
    Avant de partir, on vérifie que tout est bien fermé. Une fois la porte fermée, elle glisse les clés dans leur porte-clé.