Jeudi 22 juin 2018. Le monde vain.
Pouvoir parler à une amie écoutée longuement en puisant dans sa propre expérience personnelle ce qui est peut-être un conseil : parfois, c’est mieux de laisser tomber. Quand elle part, on ne sait pas ce qu’elle en fera, mais peu importe.
Bien trop souvent dans la vie, on se sent obligé d’être parfait ou parfaite, c’est selon. Chaque matin, on a tout à prouver. Mais c’est ce qu’on croit. En fait, on est dans une logique du faire et de l’avoir – ne rien lâcher – et surtout, accumuler des compliments, des promotions, des charges, et renforcer un statut social.
Parfois, quelque chose arrive, ce qu’on peut appeler un grain de sable. On ne doit pas s’en réjouir, non, pas du tout, mais on doit arriver à se poser un instant pour y réfléchir : ce qui se passe, là, c’est le signe de quoi ? est-ce que cela ne m’aide pas à mettre les choses en perspectives, à remettre de l’ordre dans les obligations de ma vie ? C’est loin d’être facile d’accepter alors de changer de logique. Après la logique de l’accumulation, on entre dans celle de la perte : « je ne suis plus », « je n’ai plus », « je ne peux plus », « ce n’est plus moi qui… », « plus personne ne m’appelle », « je ne fais plus ceci ou cela ». Mais si on est patient, on vivra le moment où on pourra dire : « je suis » et on regardera enfin tout sereinement ceux et celles qui s’agitent et frétillent de se croire indispensables dans un monde vain.
MEDITER / Phrases à méditer - Page 29
-
Durant l’été, relire d’anciens Bonheurs du Jour : Le monde vain.
-
Durant l’été, relire d’anciens Bonheurs du Jour. Madeleine Delbrêl, bonté.
22 mars 2022. Madeleine Delbrêl, bonté.
En rangeant la bibliothèque, feuilleter quelques livres de Madeleine Delbrêl et retrouver un passage qui avait été publié d’ailleurs sur ce blog il y a quelques années. Le voici. En remerciement pour toutes celles et tous ceux qui sont si gentils autour de moi ; en hommage à toutes celles et tous ceux qui l’ont été par le passé et m’ont fait grandir en humanité ; en espérant que l’essentiel à la vie humaine soit rendu à chacun :
« Le cœur des hommes de notre temps s’asphyxie lentement, sournoisement, d’une absence universelle : celle de la bonté… Aussi la rencontre d’un homme réellement bon, d’une femme réellement bonne produit-elle sur d’autres hommes, sur d’autres femmes, quelque chose qui ne relève pas du domaine de la pensée, un véritable phénomène d’oxygénation du cœur. Ces hommes, ces femmes réalisent que quelque chose d’essentiel à leur vie humaine leur est rendu. »