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Bonheur du jour - Page 6

  • Moisson.

    Simplifier encore un peu plus le quotidien car tant de choses seront désormais inutiles.
    Se sentir suffisamment en forme pour participer à nouveau au repas du partage, une fois par mois.
    Faire le marché à Sanremo : des courgettes fleuries, des asperges sauvages, des blettes, du fromage, de la charcuterie, de la focaccia, sans oublier des croissants pour qu’au petit-déjeuner du lendemain à la maison on soit encore un petit peu en Italie.
    Beurrer les tartines de quelqu’un.
    Visiter les jardins Hanbury au printemps. Dire bonjour aux arbres qu’on croise sur les sentiers qui montent ou descendent, c’est selon. En enlacer plusieurs. Un jeune homme qui passait par là reste un instant à observer, puis, lui aussi, vient contre un arbre et, avant de fermer les yeux la joue tout contre le tronc, sourit.
    Recevoir une amie chère à la maison et parler parler parler toute l’après-midi de la vie, des livres, de l’écriture.
    Lire avec délices La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben.
    Sortir les fauteuils de jardin qu’on vient de repeindre en gris et leur mettre leurs nouvelles toiles blanches. Immédiatement, la petite minette de la maison s’installe confortablement au soleil pour faire une grande toilette.
    Ecouter Les tendres plaintes de Rameau après que quelqu’un ait parlé avec enthousiasme d’un roman du même nom écrit par Yôko Ogawa.

  • Gourmandise des mots : bouton-d’or.

    Le petit chemin qui mène chez AM est si étroit qu’il est impossible de s’y croiser à deux voitures. Mais, depuis des années qu’on l’emprunte, on n’a jamais été confronté à un croisement problématique. De part et d’autre, quelques maisons très fleuries en ce début de printemps, et un pré. Sur le talus qui le borde des arbres de Judée terminent leur floraison et abritent un joli tapis de boutons-d’or.
    On se promet, au retour, d’en cueillir quelques-uns comme on aimait le faire, enfant, après avoir joué toute l’après-midi dans le Parc près de la maison.
    C’est ce qu’on fait. L’après-midi se termine. La soirée est bien avancée. On prend plusieurs tiges fourchues sur chacune desquelles fleurissent plusieurs fleurs ; elles sont cinq pétales, cinq sépales et dévoilent si on a le goût du beurre. On rajoute deux coquelicots, deux pentecôtes (le nom régional d’un joli lilas sauvage), et deux pissenlits. Le bouquet est mis dans un petit vase sur la commode de la chambre. Le soir, une fois la maison calme et les lampes allumées, on voyage dans le monde du bouton-d’or.
    On découvre alors que seul le renoncule âcre peut se prévaloir du titre de bouton d’or point, puisqu’il y a le bouton d’or à grandes feuilles, celui à mille feuilles, le bouton d’or de Canut, le bouton d’or à feuille d’ophioglosse… On s’arrête sur ce mot ophioglosse : le Trésor informatisé de la langue française apprend qu’il s’agit d’une petite fougère à une seule feuille et cette feuille est engainante. On se promène chez les fougères puis on revient aux fleurs des bois. On attrape un petit livre qu’on aime bien consulter : Fleurs des bois, dans la collection Petits atlas Payot Lausanne. On l’avait reçu en cadeau alors qu’on sortait à peine de l’enfance et qu’on allait quasi quotidiennement se promener dans la forêt toute proche. Pas de bouton-d’or dans le petit atlas, mais la benoîte commune qui semble en être la copie conforme, surtout que les boutons-d’or qu’on a cueillis dans le petit chemin ont une longue tige. Sur la même page, on parle de la ficaire printanière. Les fleurs se ressemblent, mais pas les feuilles.
    On rêve sur ce jaune du bouton-d’or, de la benoîte, de la ficaire, puis de l’hélianthème commun, de la garance voyageuse, le millepertuis, le narcisse, la jonquille, …. Et la barbarée des rochers qui a quatre pétales ? … Se passe-t-il la même chose qu’avec le bouton-d’or quand on approche ces fleurs-là du menton ?