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Bonheur du jour - Page 273

  • A l’arrêt de bus et en étendant du linge.


    A l’arrêt de bus, regarder les fleurs, les arbres, les jardins, les bateaux, les collines, le ciel, les nuages. Les gens aussi. Ceux qui attendent le bus les mains dans les poches et le regard perdu ou en regardant leur téléphone ou en parlant au téléphone. Ceux qui passent sur le trottoir en marchant vite tête baissée ou le téléphone collé à l’oreille, les dames qui poussent leur enfant dans une poussette et qui regardent droit devant elle vers l’école où elles se dirigent ou qui regardent leur enfant en souriant, des couples, certains rentrant des courses avec des paniers pleins, l’un près de l’autre, l’un derrière l’autre, d’autres couples sans paniers mais mains dans la main, d’autres gens qui se sont arrêtés pour se parler, des voisins peut-être.

    En étendant le linge sur la terrasse, remarquer qu’il y a désormais quatre tourterelles sur le fil électrique qui passe au-dessus de la cour. D’où viennent les deux nouvelles ? Elles s’installent à un bout du fil, et les deux anciennes à l’autre bout, leur place habituelle. Elles finiront certainement par faire connaissance et papoter entre elles.



  • La question du lundi. De la lecture.

    Dans le très beau livre, oui, vraiment très très beau livre d’Alexis Jenni sur John Muir, J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, quelques lignes sur la lecture. Durant son enfance et sa jeunesse, John Muir a travaillé dans la ferme de ses parents. D’abord parce qu’il y avait énormément de travail, mais aussi parce que selon les principes de son père, faire son devoir était aussi une façon de faire son salut. Pas de temps pour les loisirs. Pas de temps pour la lecture. Le soir, tout le monde se couchait juste après le repas. Pour arriver à lire, John Muir s’attardait cinq minutes avant qu’on le rappelle à l’ordre. Agacé, son père finit par lui dire qu’il n’avait qu’à se lever plus tôt !

    « Chaque soir il lisait ainsi cinq minutes, dix parfois quand on père était distrait et c’était alors comme des vacances, il en tirait un plaisir immense.
    Ça, je peux le comprendre. Le temps de lire, toujours se vole, aux devoirs, au sommeil, aux autres : le moment où l’on est seul en silence à parcourir une à une toutes les lignes écrites n’est jamais un temps accordé, mais un temps dérobé, c’est un temps injustifiable, provocant parce que soustrait aux tâches et aux liens. (… )
    En s’endormant, il souhaite très fort se réveiller tôt. Quand il ouvre les yeux, il jaillit de son lit, traverse la cuisine glacée, et voit sur le pendule qu’il est une heure du matin. Quelle joie ! Cinq heures de liberté avant que tout le monde se réveille. »

    D’où la question du lundi : Pensez-vous vous aussi que le temps de la lecture est un temps dérobé « aux devoirs, au sommeil, aux autres » ?


    Alexis Jenni : J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, p. 62/63, Ed. Paulsen, 2020