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l'eau vive

  • Liste de contemplation. Le long du ruisseau.

    Les herbes folles dans un pré tout autour d’un cerisier sauvage.
    Le ruisseau, eau vive, qui coule parfois sagement, parfois comme un torrent.
    Le chant du ruisseau.
    Les cascades joyeuses.
    Les oiseaux qui lancent leurs trilles à tue-tête dans les branches nouvellement vertes des chênes pubescents.
    Les fleurs de lin aux hautes tiges, les vipérines et d’autres fleurs bleues aux feuilles en rosace à leur base qu’on ne sait nommer, peut-être un genre de véronique.
    Les cistes blancs à foison qui poussent même au milieu du chemin.
    Les araignées d’eau dont les pattes en forme de ventouse se reflètent au fond de l’eau claire.
    Le gué qu’on passe en riant, espérant presque tomber dans l’eau.
    Les touffes de thym encore en fleurs.
    Les genêts d’Espagne.
    Le ciel bleu.

  • Chanter est un bonheur.

    En marchant dans la rue, en conduisant, en ouvrant la porte, en préparant le repas, en pliant le linge, en vivant, chanter. Chanter est un bonheur. Et même si un soir, il faut verser quelques larmes, il reste toujours ce chant qui ne laisse pas esseulé et qui rend libre.

    L'eau Vive

    Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive
    Elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent
    Courez, courez vite si vous le pouvez
    Jamais, jamais vous ne la rattraperez

    Lorsque chantent les pipeaux, lorsque danse l'eau vive
    Elle mène les troupeaux, au pays des olives
    Venez, venez, mes chevreaux, mes agnelets
    Dans le laurier, le thym et le serpolet

    Un jour que, sous les roseaux, sommeillait mon eau vive
    Vinrent les gars du hameau pour l'emmener captive
    Fermez, fermez votre cage à double clé
    Entre vos doigts, l'eau vive s'envolera

    Comme les petits bateaux, emportes par l'eau vive
    Dans ses yeux les jouvenceaux voguent à la derive
    Voguez, voguez demain vous accosterez
    L'eau vive n'est pas encore à marier

    Pourtant un matin nouveau à l'aube, mon eau vive
    Viendra battre son trousseau, aux cailloux de la rive
    Pleurez, pleurez, si je demeure esseulé
    Le ruisselet, au large, s'en est allé.