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jean giono

  • Moisson.


    Lire une première fois Giono furioso d’Emmanuelle Lambert avec une sorte d’avidité, puis le relire en faisant le point sur les livres de Giono qu’on a dans la bibliothèque, ceux qu’on n’a pas, ceux qu’on a lus, ceux qu’on n’a pas encore lus.
    Préparer des lasagnes.
    Balayer plusieurs matins de suite la terrasse que la tempête de ces derniers jours encombre de feuilles et de branchettes dont on ne sait pas vraiment d’où elles viennent.
    Recevoir du courrier et s’installer au bureau en écoutant la 6ème symphonie de Beethoven pour y répondre.
    Signer un B.A.T. (bon à tirer).

  • Nouvelles provisions : Pescallo.

    Le lac de Côme, c’est comme une mer. C’est grand. On en voit l’horizon vraiment très loin. Ses côtes sont bordées de ports innombrables. Des bateaux de toutes tailles vont et viennent sans fin ; de petits voiliers à la voile aigüe, des hors-bords pressés aux cuivres aguicheurs, des ferry-boats remplis de voyageurs qui ne cessent de prendre des photos, des « rapidos » qui tracent leur chemin en ligne droite. Tous ces bateaux font des vagues et du ressac et quand le vent se lève, on pourrait même parler de houle. Il y a aussi des barques, en bois ; mais souvent, elles sont à sec au bord des pannes. Et qui dit bateaux, dits matelots. Comme Marco. Sur le port de Torno, il vend les tickets, règle la descente et la montée des voyageurs, amarre les ferrys, les laisse repartir et, entre temps, écoute la radio ou va discuter sur la place, juste devant le Bar Italia. Rapidement, on a sympathisé car on a passé du temps avec lui pour organiser des tours du lac. Il nous a bien mentionné, sur le petit dépliant, les horaires et les étapes, en utilisant des fluos de couleurs différentes. Cela lui a plu quand on lui a dit qu’on ne voulait pas prendre de « rapido » car ce qu’on voulait, c’était prendre toute notre temps. Et quand, le matin, on ouvre les volets et qu’il nous aperçoit, il nous fait un petit signe en guise de bonjour. Il faudra attendre après le petit déjeuner, quand on sortira faire quelque pas, poster du courrier ou simplement comme ça, pour qu’on se dise bonjour plus amplement et qu’il nous rappelle à quelle heure est le bateau qu’on veut prendre aujourd’hui. On fait des efforts pour parler en italien, et lui, en souriant, répond en français.
    - A che ora è el ferry per Bellagio, prego ?
    Mais le lac de Côme, ce n’est quand même pas la mer, car on y voit des cygnes. Comme ce matin-là, à Pescallo. Il était encore très tôt et il faisait si chaud qu’on aurait bien aimé se baigner un peu. Alors, on descendit loin de la foule. Là, ce qui fut un port de pêche était tout immobile et désert. L’anse bien protégée par quelques maisons silencieuses. Les bateaux se reposaient aussi. En face, les montagnes si boisées qu’elles en étaient frisées tremblotaient sous le soleil et le ciel bleu tirait les cœurs vers l’allégresse. On osa briser l’onde lisse par quelques pas furtifs car on ne voulait pas déranger. Attirés par ce mouvement, un cygne alors surgit du plein soleil. Il s’arrêta. Un deuxième le suivit et s’arrêta également. Il ne fallait plus ni bouger, ni même respirer. Ils étaient là, si près ! Quand ils eurent fini leur inspection et jugèrent qu’on avait simplement posé là, oubliés peut-être par des humains négligents, quelques chapeaux et plusieurs paires de pieds sans aucun danger, trois petits arrivèrent, affairés, bien rangés les uns derrière les autres.
    En exergue au Serpent d’étoiles, Giono cite ces mots de Walt Whitman : « Votre œuvre peut-elle faire vis-à-vis à la pleine campagne et au bord de la mer ? »