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pin rolland

  • Des nouvelles du peintre dans son pré.


    Je le vois quasiment chaque jour quand je passe pour cette promenade là qui me mène à Pin Rolland et au-delà vers la plage de la Coudoulière. Je ralentis d’abord mon pas puis je m’arrête pour contempler ce paysage qu’il est lui-même peignant un paysage.

    Il est debout devant son chevalet, pinceaux en attente et palette dans une main, un pinceau peignant dans l’autre main, chapeau sur la tête. Il est de biais par rapport à l’amandier qui est au centre de sa toile. Il n’y a aucun doute sur le fait que ce soit l’amandier lui-même qui l’ait regardé en premier quand les fleurs ont apparu comme un sourire sur les lèvres d’un tout nouveau-né dont on dit qu’il sourit aux anges, l’appelant ainsi pour qu’il vienne et qu’il revienne autant que nécessaire. D’ailleurs, en retrait du chevalet, un pliant est posé face à l’amandier désormais fleuri d’innombrables feuilles en forme d’amandes effilées, signe que de temps en temps, le peintre dans le pré s’assied et regarde, non, contemple, subjugué peut-être, méditant sûrement.

    Et puis il y a le ciel. Le peintre du pré a d’abord peint le ciel d’un bel azur, ce qu’il n’était pas au tout début de son travail. Mais comment ne pas avoir confiance dans le ciel du Midi dont on sait qu’un jour ou l’autre il sera de cet azur-là ? Comme hier.

    Je me suis appuyée sur le muret. J’ai contemplé ce paysage du peintre dans son pré peignant un paysage. Tout était calme et paisible. Alors, de loin, en ôtant mon chapeau pour le saluer, je lui ai dit d’une voix un peu forte pour qu’il puisse m’entendre de là où il était : merci.


  • Chapeau !

    A Pin Rolland, croiser une dame qui a le même chapeau. S’arrêter, lui dire bonjour et, en pointant alternativement les deux chapeaux, lui faire remarquer que nous avons le même. « Ah, mais oui ! », s’exclame-t-elle. Préciser que c'est la première fois qu'on rencontre quelqu'un qui porte ce genre de chapeau. Elle répond: "Mais pareil pour moi !". S’ensuit un court papotage : les qualités de ce couvre-chef tout blanc, son côté pratique quand il y a du vent avec l'attache comme une bretelle. La dame poursuit en indiquant qu'elle l'a trouvé sur un marché, à un vendeur qui avait un stand magnifique alors qu'on l'a pris, comme tous les chapeaux qu'on a, au magasin Coucou c'est nous de Sanary. L'une et l'autre, on en a un deuxième et, somme toute, on ne peut plus s'en passer. Puis on se quitte en se disant au revoir et certainement à bientôt car c'est si agréable de se promener le matin à la fraîche.