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clara haskil

  • Moisson.

    Passer l’après-midi sur la plage ; papoter ; se tremper les pieds ; ramasser des cailloux avec une petite fille pour qui on a fait un gâteau au chocolat qu’elle déguste au goûter.
    Ecouter avec ravissement l’émission de Philippe Cassard, Portrait de famille, au cours de laquelle on découvre un pianiste, Christian Blackshaw. Jusque-là, on pensait que c’était uniquement quand Clara Haskil le jouait que Mozart se réincarnait.
    Poster le courrier : des enveloppes jaunes, ou bleues, ou blanches, c’est selon.
    Accueillir un petit chaton venu directement de l’Ecole du chat.
    Recevoir une gentille lettre d’un éditeur accusant réception du manuscrit qu’on lui a envoyé. C’est déjà ça.
    Commencer une couverture pour bébé en variant les points : point de godron, point de riz, point de sable, point de losange à jours, point turc, point de jours en œillets.
    Prendre le temps de lire enfin Petit traité de philosophie naturelle, de Kathleen Dean Moore.
    S’émerveiller que des belles-de-nuit qu’on n’a pas plantées poussent au pied du chèvrefeuille. On se souvient vaguement d’avoir jeté ici et là des graines récoltées à la fin de l’été.
    Fixer les tiges de l’ipomée qui, après avoir été taillée, repousse à vue d’œil.
    Rester à la maison un dimanche, alors qu’il pleut à verse dehors ; préparer un petit repas, servir un bon café, rester tranquille.

  • Dans la cuisine : la soupe à la tomate.

    Pour bien réussir la soupe à la tomate, il s’agit d’avoir de belles tomates bien bien mûres, et donc bien lourdes. Il en faut deux bons kilos. Celles de J., qui ont poussé à Ollioules, sont parfaites pour cela : on les pèle sans aucune difficulté avec la pointe du couteau et elles expriment un bon jus épais. Au fur et à mesure qu’on les coupe, on les pose dans un saladier, en attente. C’est très important de les poser dans le saladier, et non de les y laisser tomber : il faut toujours respecter les légumes ; imaginez qu’on vous laisse tomber dans un saladier, que diriez-vous donc ?
    On prend les pommes de terre. Un kilo à peu près. Celles de M., qui ont poussé à Six-Fours, sont très bien pour la soupe. On lui en a demandé des grosses.
    - « Pour la soupe ?
    - Oui, pour la soupe.
    - Alors il faut des oignons aussi. (Prononcer ou-a-gnons).
    - Mettez m’en trois gros. »
    On pèle les pommes de terres, grosses et tordues et on les coupe elles-aussi en cubes, avant de les mettre dans un autre saladier.
    On pèle aussi les oignons, ce qui fait piquer les yeux, et on se souvient que dans l’antan, on faisait une remarque à propos des peaux de l’ou-a-gnon… Que disait-on ? L’hiver serait froid s’il y avait beaucoup de peaux ou peu de peaux ?
    Dans la marmite en fonte, faire fondre du beurre ; un bon morceau. Prendre du vrai beurre, bien jaune. Au fur et à mesure que le beurre fond, ajouter les ou-a-gnons et remuer vivement. Quand tout le beurre est fondu et que les ou-a-gnons commencent à devenir translucides, mettre les pommes de terre puis les tomates.
    Aller chercher une branche de romarin sur la terrasse. Dans le placard, prendre le pot rempli de feuilles de laurier et en poser deux sur le dessus. Poivrer. Recouvrir délicatement d’eau, mais pas trop d'eau. Faire cuire à feu vif jusqu’à ce que ça bouille bien puis baisser le feu et laisser mijoter un bon moment. On peut ainsi faire le repassage, regarder une émission sur Clara Haskil, faire le courrier, voire même déjeuner, prendre le café, aller chercher le courrier, et lire le journal car la soupe est prévue pour le soir.
    Quand tout semble bien cuit, réduit, facile à remuer, bref, quand c’est le moment, mixer.
    Mixer longuement afin que la soupe soit onctueuse. C’est comme une crème.