Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

moisson

  • Moisson.

    Etre attendue quelque part.
    Marcher des kilomètres le long de la plage, dans un sens et puis dans l’autre.
    Se baigner et jouer dans les vagues.
    Manger de la morue en plat principal et, en dessert, du gâteau basque à la confiture de cerises.
    Au Jardin public, retrouver le marchand de miel d’Itxassou et lui prendre deux pots de miel de tournesol, bien jaune, bien crémeux.
    Sur le pain de maïs, mettre du miel de tournesol.
    Partir marcher malgré l’Enbata qui s’annonce. Bien enfoncer son chapeau sur la tête pour se protéger, un peu, du sable. Continuer sans fléchir. Marcher jusqu’à ce que la pluie commence et alors enlever le chapeau : quelques épaisses gouttes de pluie éparses, puis plus nombreuses, puis le tonnerre, puis l’orage, puis les cheveux mouillés, puis le visage offert au vent et à la pluie.
    Etre ensemble.
    Etre attendue quelque part.



  • Moisson.

    Se lever tôt, avant même que le réveil ne sonne.
    Dans la maison endormie, préparer le café, faire griller le pain, ouvrir les fenêtres et sentir que la pluie chaude de l’été va venir bientôt.
    Boire le café en écoutant les informations puis éteindre la radio.
    Lire.
    Entendre le voisin partir travailler : c’est comme un signal que la journée doit commencer, même si c’est un jour où on reste là car on peut travailler à la maison.
    Lancer une lessive. Repasser le linge. Essuyer la poussière. Ranger la pièce. Balayer la terrasse. Regarder les plantes et les rassembler pour qu’elles s’abreuvent quand il pleuvra tout à l’heure.
    Changer les draps.
    Etendre la lessive.
    Faire la cuisine.
    Lire.
    Ecrire deux lettres.
    Aller à pied à la Librairie Charlemagne récupérer la commande de livres.
    Au retour, offrir le visage aux grosses gouttes de la pluie de l’été.
    Lire.
    Travailler.
    Déjeuner.
    Lire.
    Travailler.
    Prendre un thé.
    Plier le linge qui est sec.
    Lire.
    Brosser les chats.
    Lire.
    Dîner tôt car on doit aller garder un petit bébé.
    Arriver dans la maison du bébé.
    S’installer et lire. De temps en temps, se lever pour aller l’écouter dormir, et le regarder aussi.
    Lire.
    Rentrer à la maison.
    Lire alors que la nuit s’avance, les trois chats tout près.
    Ecrire dans le petit carnet noir ces quelques vers de Tomas Tranströmer mis en exergue de Sables mouvants d’Henning Mankell :

    « N’aie pas honte d’être homme, sois-en fier !
    Car en toi une voûte s’ouvre sur une voûte, jusqu’à l’infini.
    Jamais tu ne seras parfait, et c’est très bien ainsi. »