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  • Choisir d’être à contre-courant


    Le silence et la solitude (choisie), je trouve que cela vaut de l’or à notre époque, d’autant que j’ai eu du mal à arriver à vivre comme je le souhaitais.
    J’y pensais alors que je faisais le tour de la presqu’île du Gaou et que je marchais ensuite vers le Mont Salva, mon sac sur le dos dans lequel j’avais glissé les poésies de T.S. Eliot que j’ai pris un moment pour lire, assise au pied d’un arbre.
    Bien que ce soit une joie pour moi de vivre ainsi dans un grand silence intérieur, je reconnais que ce n’est pas toujours facile d’être à contre-courant.
    Ainsi du texte que j’ai écrit durant vingt ans, qui est en train d’être préparé pour devenir livre, et qui sera seul aussi. Il lui faudra du courage à lui aussi pour trouver son chemin.
    Au moins, pour cela aussi, il me ressemblera.

  • Temps présent et temps passé

    Quelques vers de T.S. Eliot pour la journée. J’aime beaucoup ces vers que je relis régulièrement. Je les partage avec vous ce matin avec Joie :

    « Le temps présent et le temps passé
    Sont tous deux présents peut-être dans le temps futur
    Et le temps futur contenu dans le temps passé.
    Si tout temps est éternellement présent
    Tout temps est irrémissible.
    Ce qui aurait pu être une abstraction
    Qui ne demeure un perpétuel possible
    Que dans un monde de spéculation.
    Ce qui aurait pu être et ce qui a été
    Tendant vers une seule fin, qui est toujours présente.
    Des pas résonnent en écho dans la mémoire
    Le long du corridor que nous n’avons pas pris
    Vers la porte que nous n’avons jamais ouverte
    Sur le jardin de roses. Mes paroles font écho
    Ainsi, dans votre esprit. »



    (1) T.S. Eliot, Quatre Quatuors, Burnt Norton, in La terre vaine et autres poèmes, traduit de l’anglais par Pierre Leyris, Edition Bilingue, collection dirigée par Alain Mabanckou, Ed. Points Seuil, 1976, p. 161