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LIRE / Gourmandise de mots - Page 3

  • Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance.

    « Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance. »

    C’est le dernier vers écrit par Antonio Machado sur un bout de papier qui fut trouvé dans sa poche après son décès en 1939, à Collioure. C'est un vers magnifique.

    Le grand poète espagnol a été un beau compagnon tout au long de l’été, dans le soleil, dans le vent, dans la montagne, à l’ombre des arbres.
    Dans un orme sonnait le ciseau éternel
    de la cigale chanteuse, le monorythme jovial,
    bruit de fer ou de bois
    de la chanson estivale.(1)


    La période des vacances se termine et le blog va bientôt reprendre un rythme plus régulier.


    (1) Antonio Machado, Solitudes, p. 36, in Champs de Castille, précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi des Poésies de la guerre, nrf Gallimard,

  • Retrouver le mot brimborion.

    En relisant, donc, Marguerite Yourcenar, on tombe sur ce mot qu’on avait presque oublié : brimborion. On l’avait remplacé par bricole, babiole, bidule, voire, les anglicismes étant de plus en plus répandus, gadget - quoiqu’il y ait dans le mot gadget le sens de nouveauté qui finit par devenir inutile, ce qui n’est pas le cas de brimborion. C’est un mot très joli et on pensera à l’utiliser.
    Pour le plaisir de la lecture, voici le passage de Souvenirs pieux dans lequel Marguerite Yourcenar utilise le mot brimborion, évoquant divers objets provenant de sa mère, décédée à sa naissance et conservés pour elle par son père :

    « La cassette scellée par Michel a rempli son office, qui était de me faire rêver sur tout cela. Ces pieux déchets font pourtant envier les animaux, qui ne possèdent rien, sinon leur vie, que si souvent nous leur prenons ; ils nous font aussi envier les saddhus et les anachorètes. Nous savons que ces brimborions ont été chers à quelqu’un, utiles parfois, précieux surtout en ce qu’ils ont aidé à définir ou à rehausser l’image que cette personne se faisait d’elle-même. Mais la mort de leur possesseur les rend vains comme ces accessoires-jouets qu’on trouve dans les tombes. Rien ne prouve mieux le peu qu’est cette individualité humaine, à laquelle nous tenons tant, que la rapidité avec laquelle les quelques objets qui en sont le support et parfois le symbole sont à leur tour périmés, détériorés ou perdus. »