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Gourmandise de mots - Page 4

  • Gourmandise des mots : de l’ombellule à l’involucelle.

    En revenant du pain, on cueille un beau bouquet de pissenlits pour les mettre dans le vase bleu. Puis, c’est le moment immobile et on fait un peu de botanique à propos, justement, du pissenlit.
    Les recherches sur cette fleur qu’on a toujours connue entraînent dans un voyage à travers des mots gourmands et sucrés.
    Ne disons plus « le pissenlit » ! Soyons précis : le pissenlit des fontaines, le pissenlit d’été, le pissenlit d’automne, de Méditerranée… mais aussi le discret, l’exigu, le fauve, celui du granite, celui à feuilles hastées, l’invoqué, le cilié, le cendré, le discret… Le mot « hastée », avec sa consonance moyenâgeuse oblige à une halte dans les dictionnaires posés tout à côté du chat qui dort. Mais a-t-on jamais assez de dictionnaires, puisqu’on n’a pas assez appris de vocabulaire à l’école ? Le Dictionnaire usuel Quillet Flammarion par le texte et l’image, rédigé sous la direction de Pierre Gioan, édition 1959, explique : hasté, en forme de fer de lance. Les chevaliers, au Moyen-Age, avaient des lances. Et qui dit fer de lance, dit vivacité, ainsi qu’on le lit dans le Dictionnaire de l’ancien français Larousse, édition de 1968 : haste, vivacité, hâte, en usage dès le XII° siècle ; on est bien dans le Moyen-Age.
    S’il a fallu farfouiller dans les dictionnaires pour la feuille hastée, on passe vite sur le pissenlit à ligules en capuchons puisqu’on sait ce que sont des ligules chez le pissenlit et qu’on comprend le mot capuchon. Mais surgit alors le pissenlit à feuilles obovales. Feuille obovale … certainement une alliance entre oblongue et ovale… Sur le chemin des formes de feuilles, on se plait à reconnaître un vocabulaire rassurant pour un instant : les feuilles simples, les composées, les lobées, les palmées, les opposées, les dentées, les…. Alors, dentées… Mais ne vient-on pas de lire quelque part que le pissenlit a des feuilles dentelées ? Dentées ou dentelées ? Il y a visiblement un accord sur le fait que les feuilles du pissenlit sont lobées, mais pour le reste… Ah, mais il existe aussi des feuilles denticulées ! On s’y intéressera plus tard.
    Continuons l’exploration du pissenlit qui possède des bractées et non pas des sépales, qui sont deux éléments totalement différents. En observant la base de la fleur, on sursaute en lisant ce mot-là : involucre.
    C’est un mot masculin. Il désigne l’ensemble des bractées se trouvant à la base des ombelles. Quant à l’involucelle, c’est l’ensemble des bractées se trouvant à la base des ombellules.
    Comme le monde est à la fois grand et petit !



  • La gourmandise des mots : ombellule.

    On ne peut que se réjouir d’avoir décidé d’utiliser les longs moments de repos à étudier un peu la Botanique car on apprend de nouveaux mots. Ah …. les mots ! Ils ont toujours été fascinants et quand on en rencontre un, jusque-là inconnu, on en ressent une sorte de jubilation difficile à décrire. C’est une véritable gourmandise.
    Ainsi, le mot ombellule.
    On regardait les fleurs du fenouil, ô combien odorant. L’inflorescence du fenouil est une ombelle. Cela ressemble au mot ombrelle et on imagine tout un tas de petits personnages, lutins ou grenouilles, c’est selon, venir sous les ombelles de fenouil se protéger des premières ardeurs du soleil. En avançant dans la recherche autour du mot ombelle, on apprend qu’il existe des ombelles simples, et d’autres composées. Ainsi du fenouil. Et c’est là qu’apparaît le mot ombellule. Celui-là, on l’ignorait. Quand il y a une ombelle dans l’ombelle, c’est une ombellule…. Le Trésor informatisé de la langue française rapporte l’utilisation de ce mot, en 1598 pour désigner le parasol du Doge de Venise et indique un dérivé : ombellée. Ombellée. On répète ces deux mots musicaux : ombellée, ombellule.
    Et comment ne pas penser alors aux libellules de l’été, car il n’y a qu’un pas de l’ombellule à ces élégantes.