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LIRE / Gourmandise de mots - Page 4

  • Des papillons de nuit.


    La lecture de Wilwood, A travers les forêts du monde, de Roger Deakin est un enchantement. Merci à Dominique, du blog A Sauts et Gambades sans qui je n’aurais pas connu l’existence de ce livre.
    Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais envie de partager tant de passages et tant de joies mais aussi tant d’émotions devant ce monde de la forêt dont Roger Deakin décrit si bien le foisonnement et la beauté sans en dissimuler la fragilité et, pour certains aspects, la disparition.
    Ainsi des pages 88 et suivantes sur les papillons de nuit. J’ai voulu noter les noms de ces papillons, dont l’auteur parle comme d’amis chers et familiers dont on va à la rencontre et dont on se réjouit de la présence. Au fur et à mesure de l’écriture de la liste, je m’émerveillais de la beauté de la Création. Je répétais les noms à voix haute. Quand je suis arrivée au bas de la page de mon petit carnet, j'ai regardé leur image avant de fureter dans le rayon « Papillons » de la médiathèque et d’emprunter plusieurs ouvrages. Ce qui m’a aussi émerveillée, ce sont les connaissances de l’auteur et de ses amis qui identifient à coup sûr chaque papillon de nuit.

    Voici quelques uns de ceux qui sont cités dans ce livre traduit de l’anglais par Frédéric Le Berre. Mais les papillons connaissent-ils les frontières ou même les langues ?

    La beauté du saule (boarmie commune)
    Le valet de pied maussade (lithosie grise)
    La nuée d’argent (phalène satinée)
    L’épaule ardente (cordon blanc)
    L’ombre inclinée (méticuleuse)
    Le papillon de rosée (endrosie diaphane)
    Le nacarat (Cosmia diffinis)
    L’incertain (la noctuelle de la morgeline)
    L’alchimiste
    La leucanie blafarde
    Le cidarie verdâtre
    La noctuelle cythérée
    La phalène du fusain
    Le capuchon
    Le C noir
    L’acidalie des pâturages
    L’eupithécie des centaurées
    Le sphinx du liseron
    Le sphinx du peuplier
    Le sphinx du troène.

    Je ne les regarderai plus comme avant.

  • Jardin intérieur.

    « Un jardin vous donne un espace physique protégé qui aide à renforcer la perception que l’on a de son espace mental et qui offre du calme, ce qui permet d’entendre ses propres pensées. Plus on s’immerge dans le travail manuel, plus on se sent libre à l’intérieur pour démêler et explorer ses émotions. Aujourd’hui, je me tourne vers le jardinage pour m’apaiser l’esprit et le détendre. Sans que je sache comment, la cacophonie des pensées qui se bousculent dans ma tête se décante et s’atténue au fur et à mesure que mon seau se remplit d’herbes folles. Les idées en sommeil remontent à la surface et parfois des pensées à peine nées prennent forme, de manière inattendue. A de tels moments, j’ai l’impression qu’en me dépensant physiquement, je cultive en même temps mon jardin intérieur. »
    Sue Stuart-Smith, L’équilibre du jardinier, Ed. Albin Michel, 2021, p. 22