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Philosophie du Garde-Fou : Bonheur du jour - Page 702

  • La question du lundi : les feuilles de platane.

    « Pour un tout jeune enfant, une feuille de platane ramassée au sol, un jour de novembre, suffit à l’émerveillement et au bien-être ».

    Cette phrase extraite de Penser comme un arbre, de Jacques Tassin, ravive des souvenirs d’enfance avec les platanes qui entouraient l’immeuble de l’enfance flanqué de deux peupliers immenses dont les feuilles ont toujours fait penser à des pendants d’oreilles. Avec les marronniers qui bordaient les rues et dont les fleurs blanches faisaient penser à Noël. Avec les chênes, les châtaigniers, les charmes et les hêtres de la forêt toute proche. Les saules-pleureurs et le majestueux cèdre du Liban du parc public aussi.
    Enfant, oui, on ramassait les feuilles de platanes en gros bouquet d’un bel ocre rouge. Il fallait trouver la plus belle des feuilles. Parfois, quand on était rentré et qu’on avait posé ce bouquet dans un petit vase, on prenait la plus belle des feuilles pour la mettre bien à plat sur du papier Canson blanc afin d’en tracer les contours. Une fois cela fait, en observant bien la feuille de platane et en faisant bien attention, on traçait à main levée les nervures. Puis on peignait sans déborder. On se souvient avoir fait faire cela aussi à des petits qu’on avait autour de soi.

    Et vous, avez-vous un souvenir avec les feuilles de platanes ramassées en automne ?

  • Ruptures et transition.

    Une amie évoquait sur son blog le livre de François Cheng, De l'âme et on lui disait que c'était un livre qui n'avait pas encore de place dans la bibliothèque car c'était comme si on ne finirait jamais de le lire.
    Il y en a un autre dont on voudrait parler aujourd'hui : Une seconde vie, de François Jullien. Lu il y a un an, on en citait un extrait ici même :

    « Il n’y a pas de nouvelle vie, seulement une possibilité qui se promeut à notre insu, très discrètement et qui permet l’apparition d’initiatives. Ce n’est pas de l’ordre de la rupture mais de la transition. »

    En ce début de septembre, après une journée salle d'attente, ce mot transition est revenu à la mémoire au moment où on est rentré et où on a vu ce livre posé verticalement contre un vase sur la commode. On l'a repris en main et on en a lu quelques pages.
    C'était comme une sorte d'anniversaire. Depuis un an, on a connu des ruptures, oui. Certaines furent douloureuses. Mais c'est bien de transition qu'il s'agit : tout change, en fait, et les nouveautés sont finalement assez intéressantes.