L’aube se lève.
Le grand peintre du ciel fait des essais : sur le grand aplat cotonneux du jour naissant, il trace de biais des stries qui peu à peu se frangent ;
une framboise, une orange, une rose clair.
Puis, pointant de cet Est quotidien,
le bleu franc s’étale comme le fait tranquillement
mais inexorablement
une tache d’encre sur un buvard d’écolier.
Alors, les franges des lignes se dissolvent et l’air est cicatrisé.
C’est la nouvelle peau du jour.
Bonheur du jour - Page 750
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Ciel du matin.
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Bonheur, amour et optimisme.
Prendre le temps de regarder sur le site de l’INA le numéro 167 de l’émission Apostrophe consacrée à Camus et à Mauriac.
Regarder uniquement la partie concernant Camus auquel on a pensé le matin même quand, en passant par le Fort Napoléon on a admiré, en ce jour de soleil éclatant, la mer parmi les pins :« la mer cuirassée d’argent. »
Camus a écrit cela dans Noces.
Puis aller prendre ce livre dans la bibliothèque. Le feuilleter.« Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils ».
« Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu’on me mente ».
On relit intégralement le texte Désert, qu’on avait marqué en en cornant toutes les pages, il y a si longtemps :« Mais pourtant, ce n’est pas là qu’il faudrait s’arrêter. Car il n’a pas été dit que le bonheur soit à toute force inséparable de l’optimisme. Il est lié à l’amour – ce qui n’est pas la même chose. »