C’est comme un tableau que quelqu’un aurait peint pour montrer ce qu'est un paysage parfait : le ciel bleu, sans une trace de nuage quel qu’il soit, un cyprès florentin à la pointe si effilée qu’il a dû participer à la peinture du ciel et, tout proche, un pin maritime au port étalé et tranquille.
Et les tombes.
« Ce toit tranquille où marchent les colombes
écrivait Paul Valéry dans le Cimetière marin.
Entre les pins palpite entre les tombes »
On ne voit pas la mer d’ici, c’est pourquoi le ciel a décidé d’en jouer le rôle. C’est rassurant pour le marin qui se repose et dont on veut bien croire qu’il peut toujours admirer les jours de grand beau, les grains ou les tempêtes.
On lui apporte ce jour des bruyères.
On pose aussi sur la pierre grise quelques graines de belles-de-nuit.
On les confie au vent, toujours compagnon de la mer.
Bonheur du jour - Page 748
-
Ciel du jour avec bruyères.
-
Les affaires de tricot.
Après avoir terminé de tricoter un pull blanc pour une amie, prendre le temps de ranger les affaires de tricot.
Ouvrir la grande malle en bois, chinée il y a si longtemps, y prendre ce qu’on avait appelé en souriant, quand on l’avait reçu en cadeau, un "rangeoir à aiguilles" (grand rectangle de tissu fleuri dans lequel des espaces permettent de glisser les aiguilles des plus petites aux plus grosses), ranger, donc, les aiguilles à tricoter : du 2 au 15, certaines en plastique, d’autres en métal, d’autres encore en bambou. Le pull blanc a été tricoté avec du 5 en bambou. Les aiguilles circulaires sont dans une boîte carrée, bien à plat. Les crochets dans une autre pochette en tissu. On en a utilisé un, du 4, pour décorer le pull blanc de quelques fleurs.
On trie aussi les pelotes qui restent, en prenant soin de mettre les étiquettes qui permettent de les identifier. Beaucoup de blanc ; du bleu ; du rose ; du gris.
Puis c’est au tour des catalogues qui vont sur le coin gauche de l’étagère dans le bureau : layette, enfants, femmes, hommes. On y adjoint tout ce qu’on a pu récupérer, ici ou là, de modèles de bonnets, de châles ou de chaussettes.
Quand tout est rangé, il est presque 16H. On allume la radio, on sort les aiguilles n°15, la laine bleue, le modèle, photocopié et annoté, et on s’installe sur la radassière pour tricoter durant deux bonnes heures en écoutant Franck, Bruch, Lalo, Enesco, Debussy, Haydn, Brahms, Beethoven, Strauss, Chostakovitch.