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coudon

  • Le butin de la balade : cognassiers du Japon, mimosas, vent, nuages et brume grise.


    Rencontré deux cognassiers du Japon qui commencent à fleurir. L’un aux Sablettes, pas loin de la plage, l’autre à Tamaris. Que c’est beau, ces fleurs en forme de coupole, de ce fuchsia exceptionnel ! D’autres vont fleurir bientôt. Pour l’instant, elles sont sagement disposées le long d’une branche en boutons qui ont la forme de boules jaune mimosa.
    Les mimosas ont souffert du mauvais temps (fortes pluies, gelées) mais ils restent encore fièrement fleuris. En rentrant par le chemin du Manteau, un mimosa est bien accessible et il a été facile de cueillir deux branchettes à mettre dans le vase bleu.
    Le vent soufflait fort. Dans le ciel bleu, des nuages blancs en forme de soucoupes volantes en profitaient pour aller de part et d’autre de la Rade. Au loin, le Coudon, ce fier amer, était chapeauté d’une fine brume grise.
    Le chapeau, d’ailleurs, s’est envolé une fois et il a fallu lui courir après pour le rattraper. Peut-être avait-il envie de rejoindre les nuages ?

  • Recevoir / Donner.

    Il est bon d’aller dans la forêt et d’en revenir avec les cadeaux qu’elle offre : paysages, couleurs, senteurs, chants d’oiseaux. Quand on peut, aussi, croquer quelques arbouses bien mûres, remplir le sac de mousse et de lichens pour la crèche, de branches de houx et de lentisques pour les couronnes de l’Avent et de Noël, de pommes de pin pour jouer à les peindre avec les enfants, la joie s’accroît. Si, en plus de tout cela, la cueillette des champignons est abondante, la joie se gonfle encore car on puise là, dans cette nature, de quoi se nourrir. Mais quand on peut donner ce qu’on ramasse et penser à celui ou à celle à qui on donnera, alors on entre dans un équilibre bienfaisant : recevoir / donner.
    Ainsi des champignons ramassés vers l’Issemble qu’on amène à celui qui fut un grand marcheur des bois, un fin cueilleur de champignons, un connaisseur de sentiers improbables dans les bois touffus. On lui dit : « Tiens, regarde, je t’ai ramené ça de la forêt. » Il arrive en faisant rouler son fauteuil, tend sa main à la peau tannée et qui tremble déjà un peu. Il s’exclame malgré tout : « Oh ! des sanguins ! ah, ils sont beaux ! Oh, mais dis donc, c’est des girolles, ça… Elles sont magnifiques ! Des ceps, tu as trouvé des ceps… des petits, ah, et là un gros, oh la la, on va se régaler ! Et des rouges aussi ! Oh, et ces coulemelles, ah, c’est la bonne taille pour les coulemelles… Ah, merci. » Les yeux brillent, de plaisir ou de larmes retenues, on ne le saura pas vraiment car ici on reste toujours très pudique sur ses sentiments. Il continue un bon moment à prendre entre ses doigts les champignons qu’il étale sur la toile cirée de la table de la cuisine. « Ça sent bon. » Il se met à parler de la forêt. On lui précise bien où on est allé et il se souvient de cet endroit : « On voit bien le Coudon de là, hein ? et il y a des arbousiers magnifiques. J’aimais bien aussi aller aux Mayons. J’ai toujours trouvé abondance de safranés là-bas. » Puis, il ajoute : « Allez, garrí, on va les nettoyer ces champignons. Tu restes à manger, hein ? »