La lecture de Wilwood, A travers les forêts du monde, de Roger Deakin est un enchantement. Merci à Dominique, du blog A Sauts et Gambades sans qui je n’aurais pas connu l’existence de ce livre.
Au fur et à mesure de ma lecture, j’avais envie de partager tant de passages et tant de joies mais aussi tant d’émotions devant ce monde de la forêt dont Roger Deakin décrit si bien le foisonnement et la beauté sans en dissimuler la fragilité et, pour certains aspects, la disparition.
Ainsi des pages 88 et suivantes sur les papillons de nuit. J’ai voulu noter les noms de ces papillons, dont l’auteur parle comme d’amis chers et familiers dont on va à la rencontre et dont on se réjouit de la présence. Au fur et à mesure de l’écriture de la liste, je m’émerveillais de la beauté de la Création. Je répétais les noms à voix haute. Quand je suis arrivée au bas de la page de mon petit carnet, j'ai regardé leur image avant de fureter dans le rayon « Papillons » de la médiathèque et d’emprunter plusieurs ouvrages. Ce qui m’a aussi émerveillée, ce sont les connaissances de l’auteur et de ses amis qui identifient à coup sûr chaque papillon de nuit.
Voici quelques uns de ceux qui sont cités dans ce livre traduit de l’anglais par Frédéric Le Berre. Mais les papillons connaissent-ils les frontières ou même les langues ?
La beauté du saule (boarmie commune)
Le valet de pied maussade (lithosie grise)
La nuée d’argent (phalène satinée)
L’épaule ardente (cordon blanc)
L’ombre inclinée (méticuleuse)
Le papillon de rosée (endrosie diaphane)
Le nacarat (Cosmia diffinis)
L’incertain (la noctuelle de la morgeline)
L’alchimiste
La leucanie blafarde
Le cidarie verdâtre
La noctuelle cythérée
La phalène du fusain
Le capuchon
Le C noir
L’acidalie des pâturages
L’eupithécie des centaurées
Le sphinx du liseron
Le sphinx du peuplier
Le sphinx du troène.
Je ne les regarderai plus comme avant.
Bonheur du jour - Page 203
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Des papillons de nuit.
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Durant l’été, relire d’anciens Bonheurs du Jour. Madeleine Delbrêl, bonté.
22 mars 2022. Madeleine Delbrêl, bonté.
En rangeant la bibliothèque, feuilleter quelques livres de Madeleine Delbrêl et retrouver un passage qui avait été publié d’ailleurs sur ce blog il y a quelques années. Le voici. En remerciement pour toutes celles et tous ceux qui sont si gentils autour de moi ; en hommage à toutes celles et tous ceux qui l’ont été par le passé et m’ont fait grandir en humanité ; en espérant que l’essentiel à la vie humaine soit rendu à chacun :
« Le cœur des hommes de notre temps s’asphyxie lentement, sournoisement, d’une absence universelle : celle de la bonté… Aussi la rencontre d’un homme réellement bon, d’une femme réellement bonne produit-elle sur d’autres hommes, sur d’autres femmes, quelque chose qui ne relève pas du domaine de la pensée, un véritable phénomène d’oxygénation du cœur. Ces hommes, ces femmes réalisent que quelque chose d’essentiel à leur vie humaine leur est rendu. »