Relecture de « Crime et Châtiment », de Dostoïevski, dans les deux tomes édités en Folio achetés il y a cinquante ans et déjà relu quatre fois. La traduction est de D. Ergaz. Les pages ont jauni. Certains passages, pour les retrouver plus facilement, sont marqués par des morceaux de fiches Bristol dépassant du livre :
la lecture de la résurrection de Lazare par Sonia à la demande de Raskolnikov
la longue conversation entre Porphyre Petrovitch et Raskolnikov au cours de laquelle Porphyre dit à Raskolnikov qu’il sait très bien que c’est lui le meurtrier
la scène de la dispute entre Amalia Ivanovna et Catherine Ivanovna (quelle splendeur dans l’écriture, l’utilisation magistrale du discours indirect),
celle où Svridigaïlov enferme Dounia puis la laisse partir...
D’autres passages sont marqués par des post-it, des soulignements au crayon 3B utilisé depuis toujours pour la lecture ou pour prendre des notes dans les petits carnets, des pages cornées.
Ces personnages si familiers, Raskolnikov en premier, qui croient donner un sens à leur vie en prenant des décisions terribles qu’ils s'imaginent raisonnables et qu'ils s'évertuent à justifier...
Sur une fiche Bristol bleue du format du livre, de l’écriture de ma jeunesse, la liste des personnages avec mention de leur rôle dans l’histoire ; des précisions ajoutées au fur et à mesure des relectures, ainsi pour Sonia dont je n’avais pas du tout perçu, à la première lecture (j’étais trop jeune), le rôle essentiel dans le roman : le mot compassion est accolé à son prénom.
Compagnonnage tout au long d’une vie avec "Crime et Châtiment"…
relire
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Crime et Châtiment - compagnon
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Polar, La Mouette, esprit de calme.
Lectures en cours : « La valse des tulipes », de Ibon Martin – un roman policier qui se situe à Gernika, au Pays Basque conseillé par le blog A Sauts et Gambades ; relecture de « La Mouette », de Tchekhov – on ne peut se lasser pas de lire et relire Tchekhov.
Esprit de calme : Dans la tranquillité du dimanche après-midi, s’installer près de la fenêtre dans le fauteuil tout juste récupéré de chez le tapissier. Feuilleter quelques journaux, boire un café, regarder le ciel impeccablement bleu, entendre parfois les voix de quelques passants dans la rue toute proche, remarquer un papillon qui visite la vigne vierge, ne pas voir pour l’instant les tourterelles de la cour, prendre connaissance d’une grille de mots-croisés. C’est l’esprit de calme, tout juste là, à portée de vie.