Passer la soirée à lire Assise Une rencontre inattendue, de François Cheng, qu’on a emprunté à la bibliothèque, et attendu patiemment plusieurs semaines.
Lire le texte d’une traite.
Puis le relire.
« Le Grand Vivant – à ne pas confondre avec le « bon vivant » - est celui qui va au-devant de la Vie, sans prévention et sans restriction, avec un courage désarmant et une confondante générosité. Comme tout un chacun, il va au-devant de ce qui est agréable, bénéfique, gratifiant. Cependant, lui ne se dérobe pas face à ce qui est hostile, éprouvant, nuisible : privations, intempéries, bêtes sauvages prêtes à dévorer, brigands prompts à tuer, êtres atteints de maladies contagieuses que tous fuient, offensés et humiliés dont la souffrance vous écrase. Le Grand Vivant se doit de dévisager toute la souffrance terrestre, car ce qui est impliqué à travers l’ensembles des êtres, c’est bien cette immense aventure de la Vie.»
LIRE / Livres du matin, du sac à main, du soir - Page 74
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Passer la soirée à Assise.
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Passer la soirée avec Sue Hubbel.
Encore une fois, passer la soirée avec Sue Hubbell, dont le livre Une année à la campagne est sur la table de chevet depuis décembre 1988. S’arrêter sur un des passages qu’on aime bien relire :
« Comme nombre de mes voisins, je suis pauvre. Je vis avec des revenus bien inférieurs au seuil de pauvreté – bien que je n’aie pas l’impression d’être pauvre lorsque les arbres de Judée et les cornouillers fleurissent en même temps – et quand je voyage, je dois faire attention à la dépense. Je mange le moins possible dans les restaurants, et je dors dans le camion ; je m’arrête dans une gare routière, étale mon sac de couchage sur la banquette avant et dors ainsi, bien au chaud et dans un parfait confort. Le matin, je me lave les dents aux toilettes de station-service et prends un café au restaurant. Lorsque je voyage, les gens ne me remarquent guère et me parlent rarement. Je suis si ordinaire que je passe inaperçue. Si j’étais jeune et jolie, j’attirerais peut-être l’attention. Mais je suis trop vieille pour être jolie, et toujours mal ficelée en plus, je suis donc invisible. Ce qui m’enchante, car je peux m’installer dans un box dans un routier, boire un café et observer sans être observée ». (Ed. Gallimard, page 142).