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LIRE / Livres du matin, du sac à main, du soir - Page 33

  • Passer la matinée à philosopher.

    Passer plusieurs matinées très agréables à lire Le petit traité de philosophie naturelle de Kathleen Dean Moore.
    Ce livre était là, tout près, dans la pile, depuis presque deux ans et on l’a enfin lu. Pourquoi maintenant ? Et bien parce que les livres arrivent quand on a besoin d’eux. Par exemple, on est triste et on a besoin d’un livre qui redonne confiance et hop, voilà que sur une table de la Médiathèque traîne Le restaurant de l’amour retrouvé de Ito Ogawa. Ou encore, on se pose des questions sur les choix qu'on a fait et bing, on se rappelle qu’au milieu de la haute pile de livres à lire, il y a ce petit traité de philosophie naturelle qu’on attrape sans même le chercher.
    On s’y plonge, et on note cette citation de Dostoïevski dont Camus nous avait déjà fait cadeau lors d’une précédente lecture (les livres sont patients comme les professeurs : ils n’hésitent pas à répéter) :

    « Nous comprenons, trop tard, que nous n’avons jamais appris à nos étudiants ce que les canards savent sans savoir. Que, comme le disait Dostoïevski, « il nous faut aimer la vie plutôt que le sens de la vie ». Il nous faut aimer la vie par-dessus tout, et de cet amour naîtra peut-être un peu de sens. Mais « si cet amour de la vie disparaît, rien ne peut nous consoler ». »

    On relève également les « infimes certitudes » de l’auteur et de sa mère :
    « les accueillantes vérandas »
    « savoir quand planter des tomates »
    « où acheter de la ficelle »
    « les déjeuners du dimanche ».
    « la toute première pomme de mai »
    « un aperçu de Scorpion dans le ciel au-dessus des montagnes assombries par la nuit »
    « la première rencontre avec un moucheron vermillon »

    Ensuite, on va tester une nouvelle recette de gâteau au chocolat pour un prochain goûter avec la petite fille qui aime ramasser des cailloux sur la plage.

  • Passer la soirée avec les arbres.

    Passer plusieurs soirées de suite, de longues et de belles soirées, avec La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben. On a attendu son tour pour lire ce livre, emprunté à la Médiathèque de Sanary. Parce qu’on l’a attendu, on l’a encore plus apprécié surtout que, au bout du compte, un des premiers points qu’on retiendra de ce livre, c’est qu’il est bon de prendre son temps. Le temps des arbres est lent ; il n’y a pas d’agitation dans leur monde.
    Le deuxième point, c’est l’urgence de revenir à une gestion économe de la nature. Pas de gaspillage dans le monde des arbres, alors que les hommes gaspillent tout, et en particulier les forêts primaires.
    Ce qu’on a retenu aussi, c’est qu’il faut que nous acceptions humblement que les arbres sont du domaine du vivant, et donc du questionnement, et donc de l’inconnu. Cette humilité est source d’émerveillement. Ainsi d’un phénomène auquel on n’avait jamais réfléchi : dans l’hémisphère nord, les arbres connaissent l’alternance des saisons et savent quand arrivent à l’automne le moment de perdre ses feuilles et au printemps le moment de les faire naître ; et si un arbre de l’hémisphère nord, un chêne ou un hêtre, est transplanté dans l’hémisphère sud, il s’adapte au rythme inverse des saisons. On en est resté bouche bée.
    Enfin, nous avons aussi beaucoup à apprendre des arbres au sujet de la vie en communauté. Peter Wohlleben dit que les arbres "s’aident les uns les autres sans condition." On recopie ici un passage très émouvant :

    "Chaque arbre est donc utile à la communauté et mérite d’être maintenu en vie aussi longtemps que possible. Même les individus malades sont soutenus et approvisionnés en éléments nutritifs jusqu’à ce qu’ils aillent mieux. Une prochaine fois, peut-être les rôles s’inverseront ils et ce sera l’arbre-soutien qui à son tour aura besoin d’aide. Les gros hêtres à l’écorce grise qui se protègent mutuellement me font penser aux éléphants qui vivent en troupeaux. Eux aussi défendent chacun des membres du groupe, eux aussi aident les malades et les moins vaillants à reprendre de la vigueur et ne laissent qu’à regret leurs morts derrière eux."